Invité du « Grand Rendez-vous » ce dimanche 12 juillet, le député Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy est revenu sur l’annonce du pourvoi de Marine Le Pen, après sa condamnation en appel dans l’affaire des assistants parlementaires du FN.
Condamnée en appel à quinze mois d’inéligibilité ferme — peine qu’elle a déjà purgée — et à un an de prison ferme aménageable sous bracelet électronique, Marine Le Pen a annoncé se pourvoir en cassation et sera, coûte que coûte, candidate à l’élection présidentielle.
Alors qu’elle avait indiqué qu’elle ne ferait pas campagne sous bracelet électronique, ce scénario n’est pas complètement écarté : son pourvoi pourrait être rejeté début avril, ce qui la contraindrait à porter un bracelet électronique dans les derniers jours de sa campagne. « Nous ne pensons pas que Marine Le Pen sera condamnée », martèle ce dimanche Jean-Philippe Tanguy, député Rassemblement national de la Somme.
« Marine Le Pen ira jusqu’au bout »
Pour Jean-Philippe Tanguy, Marine Le Pen va pouvoir prouver son innocence : « Ça a été peu compris par un certain nombre d’observateurs et surtout d’adversaires politiques. C’est-à-dire que Marine Le Pen, par définition sait qu’elle est innocente », martèle-t-il au micro de Pierre de Vilno. Le président délégué du groupe Rassemblement national à l’Assemblée évoque en particulier un article « au cœur de l’accusation » qui, selon lui, « n’est pas adapté au cas de Marine Le Pen pour qualifier les faits qui lui ont été reprochés ».
Quoi qu’il arrive, « Marine Le Pen ira jusqu’au bout », poursuit-il, et ne retirera pas sa candidature à la dernière minute dans le cas où la décision de la Cour de cassation lui serait défavorable. « Les Françaises et les Français, cette décision de justice, ils l’ont bien comprise. Ça fait 12 ans, je crois, que ça dure. Les Françaises et les Français ont bien compris les enjeux et ils jugeront Marine Le Pen sur le fond, en votant pour elle, de manière très large », estime-t-il.
Des adversaires politiques « opportunistes »
Par ailleurs, Jean-Phillipe Tanguy a pointé un certain nombre d' »incidents de séance », lors de la première instance. « Ce qui est certain, c’est que l’erreur judiciaire est toujours possible. C’est pour ça que nos adversaires politiques, par opportunisme, ont totalement manqué de modestie, de réserve quant à l’interprétation du premier jugement.
« Politiquement, l’invocation de l’état de droit par nos adversaires en permanence, on voit bien que c’est de l’opportunisme, c’est pas de la sincérité », ajoute-t-il, dénonçant notamment les propos de Gabriel Attal. Après l’annonce du pourvoi de Marine Le Pen, le candidat à la présidentielle 2027 a qualifié cette décision de « guérilla judiciaire », « alors que c’est l’état de droit dans sa pure interprétation », pointe Jean-Philippe Tanguy.
Alors que Marine Le Pen avait dénoncé un procès politique en première instance, elle a semblé changer de ligne de défense lors du procès en appel, « parce que l’audience ne s’est pas du tout tenue de la même façon », souligne le député RN.
Ce que les prévenus avaient dit à l’ouverture de l’appel, c’est que tenir compte de la première instance, c’est respecter l’autorité judiciaire. Nous, on respecte l’autorité judiciaire. Je rappelle que Marine Le Pen est avocate. Elle a une analyse juridique très poussée, très fine, et elle tient à son innocence. Et je crois d’ailleurs que beaucoup ont sous-estimé cette soif de justice de Marine Le Pen dans les grands choix politiques qu’elle a faits à l’occasion de ce délibéré », conclut-il.