Par Delphine Noyon

Moins médiatisé que le lithium ou les terres rares, le cuivre suscite une frénésie d’achat sur les marchés mondiaux. Essentiel pour la transition énergétique, cet « or rouge » est prisé des grandes puissances qui lorgnent allègrement sur des pays moins développés mais dont les terres en regorgent.

Khoemacau, mine botswanaise considérée comme l’une des plus grandes réserves de cuivre d’Afrique est tombée fin 2023 dans les filets de la Chine dont la stratégie sur ce continent clé est déjà très avancée. D’autres sociétés d’exploitations sont rachetées par des pays étrangers comme l’Australie ou les États-Unis qui cherchent à s’en assurer la captation. Il faut dire que l’offre de cuivre est inférieure à la demande mondiale depuis déjà une dizaine d’années et qu’on sait que le besoin va aller croissant. Ce très bon conducteur d’électricité est présent dans des circuits et des câbles qu’on ne soupçonne pas, mais sans lesquels nos sociétés ne pourraient pas fonctionner. Éoliennes, panneaux solaires, voitures électriques en sont gourmands. Tout comme l’intelligence artificielle et les data centers. On comprend donc que les trésors du sous-sol africain puissent aiguiser les appétits du monde entier.

Ce qui n’est pas sans rappeler le temps des colonies des siècles précédents, quand les pays riches venaient se servir en ressources dans des pays où la population locale s’en voyait privées. Qui plus est dans le cas du cuivre, pour une industrie particulièrement dévastatrice pour l’environnement. On n’apprend pas toujours du passé…