Quel bilan tirez-vous de cette première édition de « Smara Invest Experience » ? Au-delà de la mobilisation institutionnelle observée durant ces quatre jours, quels indicateurs concrets permettront de mesurer, dans les mois à venir, la conversion de l’intérêt affiché par les investisseurs en projets réellement engagés sur le terrain ?
Cette première édition constitue, à nos yeux, une réussite tant sur le plan de la mobilisation que sur celui de la qualité des échanges. Monsieur le Gouverneur de la province d’Es-semara a réuni, autour d’une même ambition, les représentants des administrations, des collectivités territoriales, des établissements publics, des chambres professionnelles, des investisseurs nationaux et internationaux, des experts et des opérateurs économiques, ainsi que les mass-médias. Cette convergence témoigne de l’intérêt croissant que suscite aujourd’hui la province d’Es-semara.
Toutefois, notre appréciation ne se limitera pas au succès organisationnel. La véritable mesure de la réussite résidera dans la capacité à transformer les intentions en investissements effectifs. Plusieurs indicateurs nous permettront d’évaluer cette dynamique : le nombre de demandes d’information et de visites de prospection, les dossiers d’investissement déposés auprès du Centre Régional d’Investissement, les conventions de partenariat qui seront éventuellement signées dans les prochains mois, le volume des investissements engagés, ainsi que le nombre d’emplois générés.
L’ambition de Monsieur le Gouverneur est que « Smara Invest Experience » ne soit pas un événement ponctuel, mais le point de départ d’une nouvelle dynamique économique durable qui se propose de valoriser les potentialités locales et les produits de terroir.
À titre d’exemple, le territoire de la Province regorge de nombreux sites archéologiques de gravures rupestres, de fresques murales et de sépultures datant d’avant Jésus-Christ, qui constituent des attraits de prédilection pour des activités touristiques dédiées au tourisme culturel et d’aventure.

Comment s’articule le pilotage de ce type d’événement entre les différents acteurs institutionnels ? Existe-t-il un mécanisme de suivi post-événement ?
Le succès de cette manifestation repose sur une gouvernance participative et une convergence partenariale. Chaque institution intervient dans son domaine de compétence : le Centre Régional d’Investissement assure l’accompagnement des investisseurs, l’Agence Urbaine apporte les réponses relatives au foncier et aux documents d’urbanisme, les services de l’État veillent à la coordination administrative, tandis que les collectivités territoriales contribuent à l’identification des besoins et des opportunités locales.
Au-delà de l’événement lui-même, il serait pertinent de prévoir un dispositif permanent de suivi, et chaque investisseur ayant manifesté un intérêt doit être accompagné à travers un interlocuteur identifié, afin de faciliter l’ensemble des démarches administratives et techniques. L’objectif est d’assurer un suivi personnalisé jusqu’à la concrétisation des projets et de lever rapidement les éventuelles difficultés rencontrées.
Cette logique d’accompagnement de proximité constituera sûrement un élément essentiel de la stratégie d’attractivité de la Province.

Quels sont les principaux freins à l’attractivité économique de Smara et quelles réponses y apportez-vous ?
Comme beaucoup de territoires émergents, Smara a longtemps été confrontée à plusieurs contraintes structurelles, notamment son éloignement des grands centres économiques, une méconnaissance de son potentiel par les investisseurs, ainsi que la nécessité de poursuivre le renforcement de certaines infrastructures économiques.
Aujourd’hui, ces contraintes sont progressivement levées grâce aux investissements réalisés dans le cadre du Nouveau Modèle de Développement des Provinces du Sud. Les infrastructures routières, les équipements publics, la planification urbaine et les réserves foncières connaissent une évolution significative, qui a été couronnée dernièrement par l’ouverture de l’aéroport d’Es-semara.
À cela s’ajoutent les perspectives ouvertes par le futur axe routier Amgala, qui permettra de connecter directement Smara à la Mauritanie puis aux pays du Sahel et de l’Afrique subsaharienne. Ce projet transformera profondément la vocation économique de notre province en renforçant son positionnement comme plateforme d’échanges commerciaux et logistiques.

La Chambre française de commerce et d’industrie a annoncé l’ouverture d’une représentation régionale à Es-Smara. Quelle portée donnez-vous à ce partenariat ?
Nous considérons cette annonce comme un signal particulièrement encourageant. Elle traduit la confiance que portent des partenaires économiques internationaux à la dynamique engagée par Monsieur le Gouverneur, de concert et en collaboration avec l’écosystème de notre province.
La présence d’une représentation de la Chambre française permettra de rapprocher davantage les entreprises françaises du tissu économique local, de favoriser les rencontres entre opérateurs et de faciliter le montage de projets communs.
Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large d’ouverture internationale. Es-semara développe déjà plusieurs partenariats de jumelage dans le cadre de la coopération décentralisée avec des capitales d’Afrique et d’autres villes des États-Unis et de l’Inde. Nous poursuivrons également les échanges avec d’autres chambres de commerce, organisations professionnelles et réseaux économiques internationaux afin de diversifier les partenariats et d’élargir les perspectives d’investissement.

Quelle place occupe cette initiative dans la stratégie de développement des provinces du Sud ?
« Smara Invest Experience » s’inscrit pleinement dans la vision stratégique impulsée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, à travers le Nouveau Modèle de Développement des Provinces du Sud et l’Initiative Royale Atlantique, destinée à renforcer l’intégration économique avec les pays du Sahel.
Es-semara dispose aujourd’hui de nombreux atouts pour contribuer à cette ambition nationale : des disponibilités foncières importantes, des ressources naturelles diversifiées, un capital humain qualifié, une offre de formation supérieure et professionnelle en développement, ainsi qu’une position géographique appelée à se renforcer avec les nouvelles infrastructures de connectivité.
L’objectif de Monsieur le Gouverneur consiste à attirer des investissements structurants dans plusieurs secteurs prioritaires : le tourisme archéologique, l’industrie de transformation, la logistique, les énergies renouvelables, les matériaux de construction, la valorisation des ressources minières, ainsi que les filières agricoles et pastorales.
Nous souhaitons tous faire d’Es-semara un territoire productif, compétitif et pleinement intégré aux nouvelles chaînes de valeur régionales.