Les propos de la ministre serbe de la Fonction publique sur le «nettoyage ethnique au Kosovo» ont été largement condamnés par l’Union européenne ce mardi 14 juillet. La porte‑parole de l’UE a estimé qu’ils n’avaient «aucune place en Europe».
Des propos jugés scandaleux. L’Union européenne a condamné ce mardi 14 juillet les propos d’une ministre serbe qui a déclaré qu’elle aurait procédé à un «nettoyage ethnique» au Kosovo si elle avait été au pouvoir pendant le conflit des années 1990.
«Si j’avais été Slobodan Milosevic, j’aurais procédé à un nettoyage ethnique au Kosovo en 1998», a ainsi déclaré ce week-end sur la chaîne de télévision Kurir, Snezana Paunovic, ministre de la Fonction publique.
«Je ne (les) liquiderais pas en les liquidant comme ils ont tenté de procéder au nettoyage ethnique du Kosovo jusqu’à ce jour, mais en veillant à ce que quiconque ne se sente pas pleinement citoyen (…) parte et rejoigne sa patrie», a ajouté la ministre, qui est née au Kosovo avant l’indépendance du pays, déclarée en 2008.
Depuis la fin de la guerre du Kosovo, qui a fait environ 13.000 morts, principalement des civils albanais, Belgrade refuse de reconnaître l’indépendance de Pristina, et les tensions entre les deux pays sont constantes.
Des propos totalement assumés
Slobodan Milosevic, accusé de crime contre l’humanité, génocide et crimes de guerre pour son rôle dans les guerres qui ont suivi la dislocation de la Yougoslavie, est mort en 2006 avant la fin de son procès devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie.
Le Kosovo, qui était rattaché à la Serbie jusqu’en 2008, est très majoritairement peuplé d’Albanais, avec une minorité serbe dans le nord du territoire.
Interrogée mardi, la porte‑parole de l’UE, Anitta Hipper, a expliqué qu’il «n’y a pas de place en Europe pour une rhétorique qui justifie et prône le nettoyage ethnique». «De telles déclarations vont à l’encontre des valeurs de la dignité humaine, de la réconciliation, de la responsabilité», a-t-elle ajouté.
Les remarques de Snezana Paunovic ont également suscité l’indignation au Kosovo, le ministre du Travail, Andin Hoti, y voyant «une preuve que la Serbie n’a pas encore été libérée de l’idéologie génocidaire de Milosevic».
Appelée à démissionner par plusieurs personnalités d’opposition, la ministre a réitéré ses propos mardi. «Je ne renie pas la politique du SPS» (le Parti socialiste de Serbie, fondé par Slobodan Milosevic), a-t-elle dit dans un communiqué au journal Danas.