Près d’Abou Ghorab, à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest du Caire, des archéologues viennent de découvrir les vestiges d’un temple consacré au dieu du soleil Rê, principalement représenté sous la forme d’un homme à tête de faucon, coiffé d’un disque solaire protégé par un cobra. La structure fait partie d’un complexe de temples solaires, construit dans l’Égypte antique, il y a au moins 4 500 ans, en l’honneur de cette divinité, a annoncé le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités dans un communiqué. Elle doit désormais être analysée dans les moindres détails par les experts.

Un premier édifice, baptisé « upper temple » ou « temple supérieur » en raison de son positionnement sur une colline voisine, avait déjà été fouillé dans cette zone il y a plusieurs années. C’est près de celui-ci qu’ont été excavées des preuves d’un hommage à Rê. Un deuxième bâtiment, surnommé « le temple de la vallée » du fait de sa proximité avec le Nil, est en cours de fouille depuis 2024.

Une disposition ingénieuse

Le « temple de la vallée » permettait aux fidèles d’accéder plus facilement au sanctuaire principal, en reliant les deux parties par une chaussée. Il avait été exploré dès 1901 par l’égyptologue allemand Ludwig Borchardt, qui avait dû interrompre ses fouilles à cause d’un niveau d’eau trop élevé. « Aujourd’hui, le niveau de la nappe phréatique est plus bas et nous avons pu excaver la moitié du temple depuis 2024 », explique l’archéologue Massimiliano Nuzzolo, qui codirige l’équipe d’archéologues italiens avec Rosanna Pirelli, en collaboration avec les autorités égyptiennes.

Auprès de Live Science, Massimiliano Nuzzolo précise que ce temple « servait de débarcadère pour les bateaux qui s’en approchaient depuis le Nil ou, plus probablement, depuis l’un de ses canaux latéraux ». Ainsi, « le moyen le plus pratique pour atteindre le temple supérieur était d’entrer dans le temple de la vallée et de monter sur la colline où se trouvait le temple supérieur par une rampe ».

« Celui qui réjouit le Cœur de Rê »

Outre des références inédites au dieu du soleil, les récentes fouilles ont déjà révélé plusieurs nouveaux éléments importants dont un portail avec des colonnes et des inscriptions mentionnant le pharaon Niouserrê (vers 2 420-2 389 avant Jésus-Christ), considéré comme l’un des plus grands bâtisseurs de la Ve dynastie. C’est lui qui a fait construire ce complexe qui porte le nom ancien de Shesepibrê, littéralement « Celui qui réjouit le Cœur de Rê ».

Les archéologues ont également mis au jour un remarquable calendrier de fêtes religieuses gravé sur des blocs. Lors de son passage en 1901, Ludwig Borchardt avait seulement mis la main sur une partie de ces retranscriptions. Il aura fallu plus d’un siècle pour que l’équipe italienne parvienne à en révéler la quasi-totalité. Sur ces blocs sont évoquées des célébrations liées à Sokaris, un dieu funéraire, à Min, dieu de la fertilité, et bien sûr, à Rê.

« Ce qui est vraiment important, c’est l’emplacement de ces blocs. Ils ont tous été trouvés près du portail de l’entrée, ce qui suggère que la façade extérieure du temple affichait cet immense calendrier, peut-être l’un des premiers ‘calendriers publics’ connus », conclut Massimiliano Nuzzolo.