Selon les révélations du quotidien, les initiateurs de ce mouvement ont d’ores et déjà lancé une opération de démantèlement du Mouvement National des Cadres Patriotes (MONCAP), la structure historique des cadres de Pastef fondée à l’origine par Bassirou Diomaye Faye lui-même. Une déclaration d’engagement collective a été signée par plusieurs ministres du gouvernement, parmi lesquels Abdoul Ahad Ndiaye, Alioune Dione, Bakary Sarr, Alioune Gori Diouf et Marie Angélique Mame Sèbè Diouf, confirmant l’ampleur de ce ralliement au sein même de l’appareil exécutif.
 

L’un des initiateurs du mouvement, Badara Pouye, a justifié cette démarche par la nécessité de tourner définitivement la page de l’ancienne structure. « Cette initiative consacrera définitivement le démantèlement du MONCAP version Sonko », a-t-il déclaré, revendiquant pour le CPR un fonctionnement se voulant « un espace ouvert, inclusif et républicain ».

Il a par ailleurs appelé les cadres à privilégier l’action sur les discours. « Le temps de l’action est venu. Le temps du rassemblement des compétences est venu. Le temps des patriotes est venu », a-t-il martelé, ajoutant que « l’histoire retiendra celles et ceux qui auront choisi l’engagement, plutôt que l’indifférence, le travail, plutôt que les discours ».
 

Cette annonce s’inscrit dans la continuité d’une série de ralliements déjà observés ces dernières semaines en faveur du camp présidentiel, à l’image de la directrice de cabinet adjointe Fatou Kiné Diakhaté, qui avait officialisé son choix de rejoindre le futur parti présidentiel en dénonçant une dérive du Pastef originel vers le « messianisme », ou encore de plusieurs autres cadres et directeurs généraux ayant publiquement affiché leur loyauté au chef de l’État ces dernières semaines. Cette dynamique de recomposition intervient alors que la coalition Diomaye Président prépare activement son propre congrès constitutif, prévu le 8 août prochain à la Dakar Arena, une échéance censée acter la transformation de la coalition présidentielle en parti politique à part entière.
 

Dans le même esprit, un autre mouvement de soutien au président de la République a vu le jour, baptisé « Diomaye Feep », porté notamment par l’ex-capitaine Kara Touré, qui a affirmé « trancher en toute responsabilité » à l’heure des « choix décisifs », revendiquant à la fois son ancrage au sein de la coalition Diomaye et son adhésion pleine et entière aux orientations politiques du chef de l’État.

Ces annonces convergentes illustrent l’ampleur prise par la recomposition politique en cours au Sénégal, entre un Pastef historique fragilisé par les départs successifs de plusieurs cadres et responsables, et une nouvelle architecture politique en construction autour de la personne du président Bassirou Diomaye Faye.