Les premiers évacués médicaux de Gaza sont entrés en Égypte lundi alors que le point de passage de Rafah a été rouvert pour un trafic limité – une étape importante dans le cessez-le-feu israélo-palestinien. Mais son impact sur le terrain reste essentiellement symbolique, car peu de personnes seront autorisées à circuler dans les deux directions et aucun bien ne pourra y transiter.

La chaîne de télévision satellite égyptienne Al-Qahera News, gérée par l’État, a montré des images des ambulances qui ont attendu pendant des heures à la frontière avant de pouvoir transporter les patients après le coucher du soleil. Le passage était fermé depuis que les troupes israéliennes s’en étaient emparées en mai 2024.

Environ 20 000 enfants et adultes palestiniens ayant besoin de soins médicaux espèrent quitter Gaza par ce point de passage, selon les autorités sanitaires gazaouies.

Des milliers d’autres Palestiniens, vivant hors du territoire, espèrent également pouvoir rentrer chez eux.

Le nombre de voyageurs devrait augmenter au fil du temps, si le système fonctionne comme prévu. Israël a déclaré qu’il contrôlerait, avec l’Égypte, les personnes qui entrent et sortent du territoire.

Le bureau du gouverneur du Sinaï-Nord a confirmé que le premier patient palestinien avait traversé la frontière vers l’Égypte.

Avant la guerre, Rafah était le principal point de passage pour les personnes entrant et sortant de Gaza. Les quelques autres points de passage du territoire sont tous partagés avec Israël. Selon les termes du cessez-le-feu, entré en vigueur en octobre, l’armée israélienne contrôle la zone située entre le point de passage de Rafah et la zone où vit la majorité des Palestiniens.

Des violences se poursuivaient lundi sur le territoire côtier, et des responsables d’un hôpital de Gaza ont déclaré qu’un navire de la marine israélienne avait tiré sur un campement de tentes, tuant un garçon palestinien de 3 ans. L’armée israélienne a indiqué enquêter sur l’incident.

L’Égypte se prépare à accueillir les blessés

Rajaa Abu Mustafa se tenait lundi devant un hôpital de Gaza où son fils Mohamed, âgé de 17 ans, attendait d’être évacué. Il a été rendu aveugle par une balle dans l’œil l’année dernière alors qu’il rejoignait des Palestiniens désespérés qui cherchaient de la nourriture auprès de camions d’aide humanitaire à l’est de la ville de Khan Younès.

«Nous attendions l’ouverture du point de passage, a-t-elle indiqué. Maintenant qu’il est ouvert, le ministère de la Santé nous a appelés pour nous informer que nous irions en Égypte pour qu’il soit soigné.»

Environ 150 hôpitaux égyptiens sont prêts à accueillir les patients palestiniens évacués de Gaza par le point de passage de Rafah, selon les autorités. Le Croissant-Rouge égyptien a également annoncé avoir aménagé des «espaces sécurisés» du côté égyptien du point de passage pour prendre en charge les personnes évacuées de la bande de Gaza.

Depuis le début du conflit, Israël interdit l’envoi de patients vers les hôpitaux de Cisjordanie et de Jérusalem-Est occupées, privant ainsi les Palestiniens de leur principale voie d’accès aux soins médicaux indisponibles à Gaza.

Le passage de Rafah sera supervisé par des agents des patrouilles frontalières de l’Union européenne, avec une petite présence palestinienne.

Israël et l’Égypte ont historiquement contrôlé le passage des Palestiniens. Craignant qu’Israël n’utilise cela pour pousser les Palestiniens hors de l’enclave, l’Égypte a répété à plusieurs reprises qu’il devait être ouvert pour leur permettre d’entrer et de sortir de Gaza.

Mort d’un enfant palestinien

Un enfant palestinien de 3 ans a été tué lorsque la marine israélienne a frappé des tentes abritant des personnes déplacées à Khan Younis, ont rapporté les autorités hospitalières palestiniennes.

Selon l’hôpital Nasser, qui a reçu le corps, l’attaque a eu lieu à Muwasi, une zone de campement de tentes sur la côte de Gaza.

Le ministère de la Santé de Gaza affirme que plus de 520 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre. Ces victimes font partie des plus de 71 800 Palestiniens tués depuis le début de l’offensive israélienne, selon le ministère, qui ne précise pas combien d’entre eux étaient des combattants ou des civils.

Le ministère, qui fait partie du gouvernement de Gaza dirigé par le Hamas, tient des registres détaillés des victimes qui sont généralement considérés comme fiables par les agences des Nations unies et les experts indépendants.

Progrès dans le cessez-le-feu

Les troupes israéliennes ont pris le contrôle du passage de Rafah en mai 2024, affirmant que cela s’inscrivait dans le cadre de la lutte contre le trafic d’armes du Hamas. Le passage a été brièvement ouvert pour l’évacuation de patients pendant un cessez-le-feu au début de l’année 2025.

Israël s’était opposé à la réouverture du passage de Rafah, mais le rapatriement de la dépouille du dernier otage à Gaza a ouvert la voie à la poursuite du processus.

Cette réouverture est considérée comme une étape clé de l’accord de cessez-le-feu négocié par les États-Unis alors que celui-ci entre dans sa deuxième phase.

La trêve a mis fin à plus de deux ans de guerre entre Israël et le Hamas, qui avait débuté avec l’attaque menée par le Hamas contre le sud d’Israël le 7 octobre 2023.

La première phase prévoyait l’échange de tous les otages détenus à Gaza contre des centaines de Palestiniens détenus par Israël, une augmentation de l’aide humanitaire dont le besoin se faisait cruellement sentir et un retrait partiel des troupes israéliennes.

La deuxième phase de l’accord de cessez-le-feu est plus compliquée. Elle prévoit la mise en place d’un nouveau comité palestinien pour gouverner Gaza, le déploiement d’une force de sécurité internationale, le désarmement du Hamas et la prise de mesures pour commencer la reconstruction.

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Josef Federman a rendu compte depuis Jérusalem. Julia Frankel, journaliste de l’Associated Press à Jérusalem, a contribué à cet article.