Selon ces mêmes sources, l’avis des juges constitutionnels doit permettre d’acter la faisabilité juridique de ce calendrier électoral jumelé, une option qui, si elle était retenue, bouleverserait sensiblement l’agenda institutionnel initialement prévu pour les mois à venir. Les élections locales, législalement fixées à janvier 2027, avaient déjà fait l’objet de précisions du ministre de l’Intérieur Mouhamadou Bamba Cissé, qui avait rappelé que le mandat des maires actuels court jusqu’au 23 janvier 2027, tout en assurant que l’État se trouvait strictement dans les délais légaux impartis par le Code électoral.
 

Sur le plan constitutionnel, l’article 87 de la Constitution sénégalaise dispose que le président de la République peut, après avoir recueilli l’avis du Premier ministre et celui du président de l’Assemblée nationale, prononcer par décret la dissolution de l’Assemblée, à condition que celle-ci n’intervienne pas durant les deux premières années de la législature. Les députés actuels ayant été installés à la suite des élections anticipées du 17 novembre 2024, cette fenêtre juridique s’ouvrirait ainsi à partir de la fin du mois de novembre 2026, un calendrier qui coïnciderait avec l’hypothèse aujourd’hui évoquée d’un jumelage entre législatives et locales.
 

Cette perspective intervient dans un contexte de recomposition politique majeure, marqué par la rupture consommée entre le président de la République et le parti Pastef depuis le limogeage d’Ousmane Sonko de la Primature le 22 mai 2026. Depuis cette date, Bassirou Diomaye Faye a perdu la majorité parlementaire de 130 députés sur 165 remportée aux législatives de novembre 2024, tandis que Pastef, fort de sa majorité à l’Assemblée nationale, prépare déjà les élections locales de 2027 comme un véritable test de son ancrage territorial avant la présidentielle de 2029, selon plusieurs analyses relayées par la presse sénégalaise.
 

Un éventuel jumelage des scrutins législatif et local poserait ainsi des enjeux politiques considérables pour l’ensemble des forces en présence, dans un contexte où la Coalition Diomaye Président, encore en cours de restructuration en parti politique à part entière, chercherait à se donner les moyens de renforcer son implantation territoriale face à un Pastef solidement positionné à l’Assemblée nationale. La saisine du Conseil constitutionnel marque ainsi une étape déterminante dans la clarification de ce calendrier électoral, dont l’issue pourrait redessiner en profondeur les équilibres politiques sénégalais à l’approche de 2027.