Un sacré train de retard ? Avec 70 euros par habitant, la France est l’un des pays d’Europe qui finance le moins son rail, révèle une étude de l’association allemande «Alliance pour le rail», se basant sur des données du cabinet de conseil SCI Verkehr. En comparaison, ce sont 209 euros par habitant pour les Britanniques, 222 euros chez les Allemands ou encore 504 euros pour les Suisses et 622 euros par habitant pour les Luxembourgeois, leaders du classement.

Alors que des pays comme l’Allemagne se félicitent d’avoir augmenté leur investissement dans le réseau ferroviaire, la France est restée en gare à faire du sur place. Pourtant, comme le soulève BFMTV, ce sous-investissement chronique de l’Etat français dans l’infrastructure ferroviaire hors TGV est bien connu. Il a pour conséquence une baisse de la qualité de service, des fermetures de lignes et un risque d’effondrement, selon l’ancien patron de la SNCF et actuel ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou.

Une étude qui ne prend pas en compte le système français

Les dépenses publiques françaises dans le rail de le France paraissent dérisoires, mais cela tient à une explication simple : notre pays a un mode de financement particulier qui s’appuie sur les bénéfices de la SNCF. En effet, la quasi-totalité des bénéfices des activités commerciales de la SNCF, en grande partie les ventes de billets, sont injectés vers SNCF Réseau. C’est cette filiale qui est chargée de l’entretien du réseau et des travaux de régénération des infrastructures, à l’exception des lignes d’équilibre du territoire (les Intercités) qui relèvent de la compétence de l’Etat.

Ainsi, les financements restent importants : 3 milliards d’euros par an, avec un objectif, selon la dernière loi-cadre sur le financement des transports de 4,5 milliards d’euros.