Les puces avancées de l’Europe reposent sur une seule usine,
plantée dans la campagne irlandaise. Le géant américain vient d’y
engager une somme considérable. Sans ce site, le continent perdrait
sa production.
Une usine irlandaise fabrique seule les puces avancées
d’Intel
Le campus de Leixlip, au nord-ouest de Dublin, occupe une place
unique dans l’industrie européenne. Selon un communiqué publié par
Intel le 13 juillet 2026, le
groupe américain engage 5 milliards d’euros pour augmenter la
capacité de ce site. L’argent servira à produire davantage de
processeurs Xeon 6 et de futurs Xeon gravés avec la technologie
Intel 3. Ainsi, l’entreprise mise sur ses murs existants plutôt que
sur une
usine neuve.
Le plan ne prévoit donc aucune construction. Intel équipera
mieux son usine Fab 34, modernisera ses installations et exploitera
l’espace de salle blanche déjà disponible. Naga Chandrasekaran,
directeur de la technologie et des opérations du groupe, décrit un
engagement destiné à maximiser la capacité du campus. Le dirigeant
souligne aussi ce que cette montée en volume apportera aux clients
d’Intel Foundry.
Ouverte en 2023, Fab 34 reste la seule usine d’Europe à utiliser
la lithographie ultraviolette extrême en production de masse. Cette
technique, connue sous le nom d’EUV, imprime des
circuits d’une finesse inaccessible aux méthodes classiques.
Par conséquent, aucun autre site européen ne peut aujourd’hui
graver ces puces avancées. Le campus emploie près de 4 900
personnes.
La demande liée à l’intelligence artificielle dépasse les
capacités actuelles
L’essor des centres de données explique cette dépense. Les
cartes graphiques concentrent l’attention, mais les
serveurs ont aussi besoin de processeurs classiques pour
piloter les ressources et faire tourner les plateformes.
Les Xeon occupent exactement ce créneau. Or, Intel manque de
capacité face à une demande qui grimpe. Augmenter le volume de
galettes gravées en Intel 3 permettrait de fournir ce marché plus
vite. En effet, une usine neuve demanderait plusieurs années avant
de sortir la moindre puce. Les 5 milliards représentent environ 30
% des investissements prévus par le groupe pour 2026. Intel a par
ailleurs racheté en avril la part de 49 % de Fab 34 cédée deux ans
plus tôt à un fonds américain.
L’Europe gagne du volume mais pas la
chaîne complète
Le projet européen d’Intel visait bien plus large. Le groupe
promettait deux usines de gravure à Magdebourg, en Allemagne, et un
site d’assemblage et de test à Wrocław, en Pologne. Reportés en
2024, ces chantiers ont été abandonnés définitivement l’année
suivante.
Cette annulation laisse un trou dans la chaîne. Une galette de
silicium gravée ne devient un processeur utilisable qu’après un
découpage, un assemblage et une série de tests. Intel conserve ces
étapes finales aux États-Unis et en Asie.
L’Irlande produira donc plus de puces avancées, sans transformer
l’Europe en fabricant autonome. Le continent réduit une partie de
sa dépendance, mais la dernière ligne droite se joue toujours
ailleurs. Chaque processeur Xeon gravé à Leixlip quittera l’Europe
avant de rejoindre un serveur.