Jamais une amende n’avait été aussi importante depuis la mise en place du règlement européen sur les services numériques, aussi appelé Digital Services Act (DSA). Pour rappel, il a été pensé pour protéger les internautes européens contre les contenus illicites, dangereux et préjudiciables. Selon Le Parisien, AliExpress, la filiale du géant Alibaba, vient d’écoper de 550 millions d’euros d’amende. Un montant record décidé par l’UE pour avoir vendu des produits interdits aux consommateurs européens. Il s’agit essentiellement de jouets dangereux et de vêtements contrefaits.

Bruxelles a rappelé que le Digital Services Act lui «imposait d’évaluer et d’atténuer avec diligence les risques liés à la vente sur sa plateforme de produits illégaux, dangereux ou contrefaits», alors qu’une enquête de deux ans a été menée. L’instance européenne reproche à AliExpress d’avoir mis en place un système inefficace pour lutter contre les produits interdits sur le Vieux Continent. «Nous avons repéré un grand nombre de contrefaçons, mais aussi des jouets et des cosmétiques dangereux, qui restaient très longtemps en vente», a précisé la vice-présidente de la Commission chargée du Numérique, Henna Virkkunen.

Une amende «disproportionnée» pour AliExpress

Parmi ses griefs, Bruxelles déplore aussi le système de pénalités appliquées à tous les vendeurs qui commercialisaient ces produits contrefaits, autant de pénalités «inefficaces, car leurs boutiques restaient actives». Sans compter le fait que des vendeurs malintentionnés pouvaient à tout moment contourner ces mesures en raison d’équipes dédiées sous-dimensionnées. En plus de cette lourde amende, la plateforme chinoise doit se soumettre à d’autres mesures efficaces pour rentrer dans les clous, sans quoi elle sera passible de nouvelles amendes.

Dans un communiqué cité par nos confrères, AliExpress se dit «en désaccord avec la décision rendue» et juge l’amende «disproportionnée». Et d’ajouter : «Elles ne reflètent ni nos principes établis ni les mesures significatives et proactives que nous avons mises en œuvre». Le groupe ne précise pas s’il fera appel et assure s’être «engagé à respecter ses obligations et continue de le faire», depuis l’entrée en vigueur du DSA.

Déjà des amendes dans le cadre du DSA

Ce n’est pas la première fois qu’une amende est décidée dans le cadre du DSA. Pour des faits similaires, Temu avait écopé de 200 millions d’euros d’amende à la fin du mois de mai dernier, tout comme le réseau social X appartenant à Elon Musk. Condamné à 120 millions d’euros fin 2025, le groupe avait fait appel au mois de février et avait dénoncé une «enquête incomplète et superficielle» et «de graves erreurs de procédure». Si la Commission européenne s’est défendue de cibler AliExpress parce que la plateforme est chinoise, cette sanction intervient dans un contexte de protection… face au marché et à la concurrence chinoise.