Le rapprochement entre Paris et Rabat trouve un écho direct dans les régions. À Fès, Carine Foeller, consule générale de France, s’est exprimée en détail sur la manière dont les partenariats locaux soutiennent les ambitions gouvernementales. Entre accords universitaires et investissements territoriaux, la région Fès-Meknès se positionne comme un moteur du renouveau diplomatique et économique entre les deux pays.
Le dialogue franco-marocain se déploie activement en dehors des chancelleries traditionnelles. La ville de Fès se positionne aujourd’hui comme un carrefour du renouveau diplomatique entre les deux nations. À l’occasion du 14 juillet, jour célébrant la fête nationale française, la consule générale Carine Foeller a saisi cette occasion pour saluer le rôle de la région Fès-Meknès dans la consolidation des accords bilatéraux. L’observation des dynamiques locales permet d’appréhender comment un pôle régional réussit à porter les ambitions étatiques. À travers le développement économique, le maillage universitaire et la coopération décentralisée, la région de Fès traduit directement les ententes gouvernementales en résultats tangibles.
Un calendrier diplomatique soutenu par une délégation de 12 ministres
Le contexte politique actuel se caractérise par une intensification des échanges gouvernementaux. Une réunion bilatérale rassemble douze ministres français et leurs homologues marocains dans la foulée des festivités du 14 juillet. Les sessions de travail portent en priorité sur l’innovation, la transition énergétique et le développement du secteur numérique. Au niveau local, les acteurs institutionnels de Fès-Meknès anticipent ces orientations nationales pour attirer de nouveaux partenariats.
La tenue du comité mixte avec la région Centre-Val de Loire, marquée par la visite de son président François Bonneau, illustre une stratégie d’intégration de l’économie des territoires dans l’axe franco-marocain. Les autorités diplomatiques relèvent que Fès s’inscrit dans un processus de transformation urbaine régulier, propice aux investissements conjoints. Les actions de coopération s’étendent par ailleurs au-delà des centres urbains traditionnels, avec des programmes déployés de manière continue dans les provinces de Taounate, Sefrou et
Missour.
Une alliance académique intégrant 13 structures universitaires
La formation professionnelle et l’employabilité constituent un axe structurel de l’action menée en région. L’Institut français mobilise un réseau de partenariats incluant l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah et ses treize établissements affiliés. Des conventions similaires lient la représentation diplomatique à l’Université Euromed, à l’Académie régionale d’éducation et de formation ainsi qu’au Centre régional des métiers de l’éducation et de la formation. L’objectif partagé consiste à accompagner la réforme de l’enseignement en cours au Maroc et à développer les compétences techniques des jeunes diplômés.
Les résultats des programmes conjoints s’observent à travers la mobilité étudiante et les compétitions francophones. La ville de Fès a, notamment, été représentée par quatre candidats lors de la finale du Festival international du flow organisée à Lyon, où l’un d’entre eux a remporté le trophée d’éloquence. En parallèle, les industries créatives soutenues par les deux pays génèrent une attractivité mesurable. L’organisation d’un concert de musiques urbaines a récemment permis de rassembler près de 15.000 spectateurs sur la place Boujloud, dynamisant par la même occasion le commerce environnant.
Un encadrement consulaire déployé sur deux régions administratives
La circonscription diplomatique de Fès englobe les régions administratives de Fès-Meknès et de l’Oriental. Les services de l’État français y assurent quotidiennement l’accompagnement administratif, la délivrance des documents d’état civil et l’assistance aux ressortissants établis ou de passage. Le mois de mai dernier a permis le renouvellement des représentants de la communauté expatriée, une étape nécessaire pour garantir la continuité du dialogue avec les pouvoirs publics.
L’ensemble de ces rouages administratifs, éducatifs et économiques prépare le terrain aux prochaines échéances bilatérales. Les gouvernements des deux pays travaillent actuellement à la rédaction d’un nouveau traité et préparent une future visite d’État, des démarches destinées à pérenniser les relations franco-marocaines sur le long terme.
Mehdi Idrissi / Les Inspirations ÉCO
L’émission
Chaque semaine, un grand invité décrypte les enjeux de l’économie marocaine.