Une centaine de personnes se sont rassemblées, ce mardi 21 juillet sur le Vieux-Port, en reprenant en arabe les mots « dignité », « liberté » et « justice sociale ».
Alors qu’il « porte la voix de la jeunesse sur les deux rives de la Méditerranée depuis des années », c’est cette fois la foule qui a scandé les paroles d’El Mahdi Lyoubi, rappeur marocain retenu dans son pays natal depuis le 13 juillet dernier.
« Nous n’avons pas de précision »
Musicien et cinéaste, ce Marseillais d’adoption était au Maroc pour les repérages d’un documentaire quand il a été « interpellé par la police et placé en garde à vue », selon ses proches. « Nous n’avons pas de précision sur les raisons précises de cette détention. Il lui serait reproché une ‘atteinte à une institution constitutionnelle’, livre Eisis, amie et membre active du comité de soutien de l’artiste, connu sous le nom Mehdi Black Wind. Ses prises de position pour la GenZ 212 (mouvement social de la jeunesse marocaine, NDLR) et pour la justice sociale, dans ses textes et ses films, pourraient être à l’origine de cette interpellation… »
Une tribune signée par plus de 500 personnalités
El Mahdi Lyoubi doit être présenté à un juge ce mercredi mais, selon ses soutiens, il devrait assurer seul sa défense à cause d’une grève des avocats au Maroc… Signée par plus de 500 personnalités, une tribune demande « la libération immédiate d’El Mahdi », dénonce « une détention arbitraire » et exige son retour à Marseille, où il vit et travaille depuis 2018. Les autorités marocaines n’ont pas communiqué, pour l’heure, sur les raisons précises de cette interpellation.
Sur le Vieux-Port, mardi soir, c’est « le cas Medhi mais aussi la liberté d’expression et la possibilité d’une expression militante » que la foule était venue défendre.