Avec ses sept ports et une activité maritime stratégique, Djibouti doit composer avec les risques météorologiques. Le pays renforce désormais ses capacités d’anticipation grâce à un système d’alerte fondé sur l’intelligence artificielle.
La République de Djibouti dispose désormais d’une version améliorée de son système d’alerte météorologique fondé sur l’intelligence artificielle. Baptisé MAZU-Djibouti 2.0, le dispositif a été remis officiellement aux autorités djiboutiennes le vendredi 17 juillet, en marge de la Conférence mondiale sur l’intelligence artificielle (WAIC) 2026 organisée à Shanghai. Cette nouvelle version doit renforcer les capacités du pays en matière de prévision des phénomènes météorologiques extrêmes et d’alerte précoce.
Le système associe désormais les capacités de prévision de MAZU-Djibouti 1.0 à de nouveaux outils d’observation et d’alerte. Il intègre notamment des terminaux intelligents équipés de puces météorologiques et de modèles de prévision, couvrant toute la chaîne, de la collecte des données à la diffusion des alertes. La résolution des prévisions est désormais de 3 kilomètres, contre 9 kilomètres auparavant, avec un horizon de prévision de trois jours et une actualisation des données toutes les six heures.
Pour Djibouti, l’enjeu dépasse la seule modernisation du dispositif météorologique. Le pays compte sept ports répartis le long de son littoral, faisant de la qualité des prévisions un facteur important pour la sécurité des activités maritimes et portuaires. « MAZU 2.0 est très utile car nous ouvrons aujourd’hui notre port maritime. Nous avons sept ports maritimes sur la côte, il pourrait donc être très utile de donner une prévision correcte », a expliqué Ismail Nour, directeur général de l’Agence météorologique nationale de Djibouti.
Le nouveau dispositif combine ainsi données satellitaires, observations au sol et intelligence artificielle afin d’améliorer la détection des fortes précipitations, des vents violents et des phénomènes susceptibles d’affecter les zones urbaines et côtières. Il intègre une fonction d’alerte en un clic et des capacités interactives en temps réel, avec l’objectif de raccourcir le délai entre la détection d’un risque et la transmission de l’information aux populations et aux acteurs économiques concernés.
Le renforcement de ce dispositif revêt un intérêt particulier pour Djibouti, qui compte sept ports répartis le long de son littoral. En juillet 2025, l’Administration météorologique chinoise avait fourni au pays un premier système dédié à l’alerte précoce multirisque en milieu urbain, officiellement mis en service en décembre de la même année. La version 2.0 vient donc compléter cette première infrastructure en ajoutant des capacités d’observation et d’alerte autonome, pour former un dispositif couvrant l’ensemble de la chaîne de gestion des risques météorologiques.
L’initiative intervient alors que les systèmes d’alerte précoce sont considérés comme un outil essentiel de réduction des pertes liées aux événements climatiques extrêmes. Selon l’Organisation météorologique mondiale, une alerte diffusée 24 heures avant un phénomène dangereux peut réduire les dommages de 30 %.
Samira Njoya
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