Le Sénégal poursuit la mise en œuvre de sa stratégie de transformation numérique à travers le New Deal Technologique, avec pour objectif central la démocratisation de l’accès au haut et très haut débit sur l’ensemble du territoire national. Cette ambition concerne aussi bien les zones urbaines que les zones rurales, isolées ou enclavées, où le déploiement des réseaux terrestres demeure limité en raison de contraintes économiques et techniques.
Malgré les investissements consentis ces dernières années dans la fibre optique et les réseaux mobiles, une partie du territoire national reste confrontée à des zones dites “blanches”, c’est-à-dire dépourvues de couverture Internet fiable. Ces disparités constituent un frein majeur à l’inclusion numérique, à l’accès aux services publics dématérialisés et au développement économique local.
Pour accélérer la réduction de cette fracture numérique, le Gouvernement du Sénégal (GdS) a fait le choix de renforcer le maillage du territoire en infrastructures de très haut débit en recourant à des solutions complémentaires aux réseaux existants. C’est dans ce cadre qu’a été accordée à Starlink, fournisseur d’accès à Internet par satellite, l’autorisation d’opérer sur le territoire national.
Starlink, un complément stratégique aux réseaux existants
Starlink repose sur une constellation de satellites en orbite basse, capable de fournir une connectivité Internet à haut débit sur de vastes zones géographiques, y compris celles difficiles d’accès pour les infrastructures classiques. Cette technologie permet de renforcer ou de prolonger la couverture des réseaux terrestres, notamment dans les zones rurales, frontalières ou faiblement peuplées.
Selon les autorités sénégalaises, l’intégration de Starlink dans l’écosystème national des télécommunications s’inscrit dans une vision cohérente de connectivité globale. L’objectif est d’assurer une couverture Internet plus homogène, de stimuler la concurrence entre fournisseurs d’accès et de soutenir la productivité de secteurs clés de l’économie.
Dans le cadre de cette stratégie, le Gouvernement du Sénégal a négocié avec Starlink l’acquisition de 5 000 kits satellitaires à un tarif préférentiel. Ces équipements doivent permettre de connecter gratuitement un million de Sénégalais au cours du premier semestre de l’année 2026, via le réseau satellitaire.
Cette mesure ne vise pas une gratuité universelle de l’Internet, mais un ciblage précis des besoins prioritaires, dans une logique d’équité territoriale et sociale.
Des secteurs clairement identifiés comme prioritaires
Les autorités ont défini plusieurs domaines devant bénéficier en priorité de cette connectivité satellitaire. Il s’agit notamment : des zones blanches, à travers la mise en place de dispositifs de wifi communautaire ; du secteur de l’éducation, incluant l’enseignement élémentaire, secondaire et supérieur ; de la formation professionnelle ; des collectivités territoriales ; des zones frontalières, souvent confrontées à un déficit d’infrastructures numériques ainsi que de programmes spécifiques de développement, dont le Plan Diomaye pour la Casamance.
La décision d’intégrer Starlink à la stratégie nationale de connectivité vise à produire des effets mesurables à court et moyen termes. Parmi les impacts attendus figurent : une extension rapide de la couverture Internet sur l’ensemble du territoire ; une contribution significative à l’inclusion numérique, en facilitant l’accès aux services en ligne pour les populations jusque-là marginalisées ; une dynamisation de l’activité économique, notamment dans les zones rurales et un renforcement du positionnement du Sénégal comme acteur de référence en matière de transformation numérique en Afrique.
Au-delà de l’accès à Internet, la mise en œuvre de cette stratégie devrait permettre aux secteurs public et privé de réduire substantiellement leurs coûts de connectivité, tout en bénéficiant d’une connexion très haut débit, fiable et performante. Cette évolution est présentée comme un levier important pour l’innovation, la compétitivité des entreprises et l’amélioration des services publics numériques.
À travers l’autorisation accordée à Starlink, le Sénégal confirme ainsi sa volonté d’explorer des solutions technologiques innovantes pour répondre aux défis structurels de la connectivité et accélérer son agenda de développement numérique.