Publié aujourd’hui à 11h59
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Ce qui était appréhendé par sa défense est arrivé : Fethi Ghares, le leader du Mouvement démocratique et social (MDS), parti interdit depuis 2023, a été condamné en appel à deux ans de prison ferme, et à une amende de 300 000 dinars (1 970 euros) en raison de ses déclarations et de ses activités politiques, a annoncé son avocate Fetta Sadat. Les objets saisis à son domicile lors de la perquisition ont été également confisqués.
L’opposant était sous le coup de chefs d’inculpation d’« outrage à corps constitué » en vertu de l’article 146 du Code pénal et de « propagation de fausses informations susceptibles de porter atteinte à l’ordre et à la sécurité publique », conformément à l’article 196 bis du même code.
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Plusieurs fois condamné pour ses critiques envers Abdelmadjid Tebboune
Ce verdict, qui n’a pas eu de retentissements dans les médias algériens, s’ajoute à la longue liste des condamnations déjà prononcées à son encontre. Fethi Ghares a été emprisonné, ces dernières années, à plusieurs reprises, généralement pour des critiques à l’égard du chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune. Il avait été arrêté fin août 2024, peu avant le scrutin présidentiel du 7 septembre, pour « outrage au président ».
En première instance, il avait écopé d’un an de prison ferme. Une peine confirmée en appel le 21 mai 2025. Il s’était alors pourvu en cassation, ce qui lui avait permis de rester libre en attendant son nouveau procès, avec interdiction toutefois de publier des informations sur les réseaux sociaux et de parler aux médias.
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Interpellé et écroué fin juin 2021 pendant le Hirak – le mouvement populaire anti-régime qui avait chassé le président Abdelaziz Bouteflika deux ans plus tôt –, Fethi Ghares avait été condamné en janvier 2022, en première instance, à deux ans d’incarcération. Il avait été libéré en mars de la même année après avoir bénéficié d’une réduction de peine en appel.
« Celui qui n’accepte pas la critique n’a rien compris »
La nouvelle condamnation intervient six jours après la déclaration du président Tebboune, qui a affirmé depuis Berlin, où il était en visite d’État, que les opposants peuvent rentrer au pays en toute sécurité.
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« Je l’ai dit et redit à la télévision, dans mes interventions et je le répète devant vous : chaque Algérien a le droit de critiquer, dans le respect de nos traditions. La diffamation et l’insulte ne nous ramènent que la haine et la violence. Il peut exprimer un avis, dire pourquoi il n’est pas d’accord, donner sa vision. Ces choses enrichissent le processus national, au contraire, et celui qui ne l’accepte pas n’a rien compris », a-t-il martelé devant la diaspora algérienne en Allemagne.
Immédiatement après ce nouveau verdict, le Parti des travailleurs, autre formation de gauche qui vient de faire élire trois députés au Parlement, a exprimé sa solidarité avec Fethi Ghares tout en appelant à « l’ouverture politique et à des mesures de détente, à commencer par la libération de tous les détenus d’opinion, et à faire cesser toutes les mesures liberticides et toute judiciarisation de la vie politique ».
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