
Le responsable affirme que le représentant local de Royal Air Maroc, Ahmed Boussouf, aurait systématiquement refusé de se présenter aux réunions organisées à Abuja, préférant envoyer des courriels de dernière minute assurant que les dossiers étaient en cours de traitement. Lorsqu’il déléguait un représentant, celui-ci n’aurait pas eu l’autorité nécessaire pour prendre des engagements contraignants ou trancher les litiges en cours.
L’Autorité nigériane de l’aviation civile (NCAA) hausse le ton face à Royal Air Maroc. Le régulateur envisage de suspendre les activités de la compagnie marocaine sur le territoire nigérian, lui reprochant des atteintes répétées aux droits des passagers, une gestion défaillante des bagages et un mépris affiché envers ses directives.
C’est le directeur des Affaires publiques et de la Protection des consommateurs de la NCAA, Michael Achimugu, qui a rendu l’information publique jeudi, via un message sur son compte X certifié.
Selon lui, cette colère fait suite à la manière dont le transporteur marocain traite les plaintes des voyageurs, notamment celles liées aux bagages retardés ou égarés, à une prise en charge insuffisante des passagers, et à ce qu’il qualifie de non-respect persistant des procédures de contrôle de l’autorité nigériane.
Le responsable a fait part de sa déception : bien que la compagnie ait déjà été sanctionnée en 2025 pour des manquements similaires, elle n’aurait montré que peu de volonté à améliorer ses services envers la clientèle nigériane. D’après lui, les sanctions passées devaient marquer un tournant, mais les plaintes continuent de s’accumuler, avec des bagages qui arrivent régulièrement en retard sans que les passagers concernés en soient informés à temps, et une assistance de première nécessité rarement assurée.
Au-delà des questions liées aux passagers, le régulateur accuse également la compagnie d’avoir, à plusieurs reprises, ignoré les convocations de l’autorité destinées à régler des plaintes en suspens. D’après la NCAA, il est pourtant d’usage, dans le secteur aérien mondial, que les compagnies répondent aux convocations de leur autorité de tutelle respective.
Le responsable affirme que le représentant local de Royal Air Maroc, Ahmed Boussouf, aurait systématiquement refusé de se présenter aux réunions organisées à Abuja, préférant envoyer des courriels de dernière minute assurant que les dossiers étaient en cours de traitement. Lorsqu’il déléguait un représentant, celui-ci n’aurait pas eu l’autorité nécessaire pour prendre des engagements contraignants ou trancher les litiges en cours.
Relatant un échange récent au cours duquel il exprimait son mécontentement, le responsable de la NCAA rapporte que le représentant local lui aurait répondu sur un ton désinvolte, en substance : faites ce que vous voulez.
Jugeant cette attitude inacceptable, il affirme que son institution ne tolérera pas ce qu’il décrit comme un mépris flagrant des règles de la part d’une compagnie opérant au Nigeria. Il souligne que si le régulateur reste disposé à soutenir les compagnies aériennes dans la poursuite de leurs activités, cet appui doit s’accompagner du respect des lois nigérianes, des institutions de contrôle et, surtout, des passagers.
Il rappelle que les voyageurs affectés sont des clients fidèles et payants, et que les compagnies internationales opérant dans le cadre d’accords bilatéraux ont l’obligation non seulement de respecter ces accords, mais aussi de fournir un service de base efficace et respectueux.
Le responsable prévient que son département recommandera la suspension des vols de Royal Air Maroc si la compagnie ne démontre pas un engagement sincère à améliorer le traitement réservé à ses passagers. Il assure vouloir agir sans crainte pour sa position, estimant qu’il ne s’agit pas d’arrogance, mais simplement de faire respecter des règles trop longtemps ignorées.
Selon la NCAA, les progrès du secteur aérien dépendent d’une conformité stricte aux normes internationales et d’une véritable protection des droits des consommateurs. Le responsable observe par ailleurs que les voyageurs nigérians boycottent rarement les compagnies malgré leurs manquements, ce qui, selon lui, prive le marché d’un mécanisme naturel de régulation qui rendrait souvent superflue l’intervention des autorités. Il rappelle que d’autres compagnies desservent des liaisons comparables, dont Air Algérie, EgyptAir et Ethiopian Airlines, et qu’aucun transporteur ne devrait tenir pour acquis l’absence d’alternatives pour les passagers nigérians.
L’autorité affirme vouloir durcir les sanctions si la compagnie marocaine ne se conforme pas à ses attentes réglementaires, insistant sur le fait que la relation privilégiée entre le Maroc et le Nigeria ne saurait être considérée comme un acquis permanent par Royal Air Maroc.
Contacté par téléphone, Ahmed Boussouf a refusé de commenter l’affaire, indiquant qu’il n’avait rien à déclarer pour le moment, avant de mettre fin à l’appel sans donner davantage d’explications.
Avec Punch
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