Fatoumata B., aide-infirmière en service au centre hospitalier de Saint-Louis, est dans de beaux draps. Cette dame de 40 ans, originaire de Kolda, s’est présentée vendredi dernier au ministère de la Santé et de l’Action sociale pour récupérer son diplôme d’infirmière d’État. Alors que les formalités précédant la remise du document étaient en cours, un agent de la division Formation a remarqué que la requérante détenait une fausse attestation. Le chef du service, alerté, a coincé la suspecte et l’a conduite, avec l’aide du responsable de la sécurité, au commissariat de Point E.
Si l’on en croit Libération, qui donne l’information, Fatoumata B. a reconnu les faits et confessé avoir obtenu le document auprès d’un individu dont elle n’a livré que le nom de famille, S., par l’intermédiaire d’un certain I. Dia, contre la somme de 500 000 francs CFA. Le journal indique que la mise en cause a signalé que S., qui serait un ancien directeur au ministère de la Fonction publique, aurait reçu une avance de 300 000 francs CFA de sa part et devait encaisser le reliquat après réception du diplôme.
Le plan est donc tombé à l’eau. Fatoumata B. a été placée en garde à vue et l’enquête suit son cours, complète la même source.
Cette affaire illustre la persistance de réseaux de faussaires au sein même de l’administration sénégalaise, un phénomène déjà dénoncé par l’organisation Justice Sans Frontière auprès de la ministre de la Justice, s’agissant notamment de la fraude documentaire. Un scandale similaire de falsification de documents officiels avait par ailleurs récemment secoué la mairie de Wakhinane Nimzatt, où un registre d’état civil parallèle avait été découvert, confirmant la vulnérabilité de plusieurs circuits administratifs face à ce type de fraude.