Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a officiellement lancé samedi à Dakar son parti politique dénommé « Kiiraay – Les patriotes républicains », lors d’une cérémonie dans un hôtel de la capitale.

Kiiraay (couverture en wolof, langue locale) est matérialisé par une main tenant fermement un parapluie au-dessus de la carte du Sénégal, le tout encerclé d’une couronne de tiges de lauriers ouverte à son sommet.

« La vie publique a ses semailles et ses moissons, elle a aussi ses saisons de déceptions. Me voici donc aux champs. Chers patriotes républicains, aujourd’hui nous confions à la terre sénégalaise une semence nouvelle. Elle a des textes que vous venez d’adopter »

, a déclaré le président Faye, précisant que la devise du parti est

« la patrie d’abord ».


Un parti « protecteur des citoyens et des institutions »

Le parti présidentiel se veut, selon le président Faye, le protecteur des citoyens et des institutions, conformément à son engagement lors de sa prestation de serment. Il reste ouvert à tous les Sénégalais du pays et de la diaspora.

Procédant à la lecture de la résolution, Aminata Touré, présidente du comité d’initiative pour la création du parti, a annoncé que 437 mouvements et partis politiques ont fusionné pour mettre le parti sur pied.

La nouvelle formation a aussi enregistré le ralliement de membres de l’Alliance pour la République (Apr) de l’ancien président Macky Sall et du Pastef (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité).


Tensions avec Ousmane Sonko


Alors qu’il n’a jusque-là ni démissionné du Pastef ni fait l’objet d’une exclusion, Faye a exhorté les responsables de ce parti à le rejoindre, estimant que Kiiraay est la maison des

« patriotes authentiques ».

Il a par ailleurs décoché des piques contre son ancien mentor Ousmane Sonko, leader du Pastef, qu’il qualifie d’

« homme de fitna »

(un homme belliqueux), dont l’entreprise ne prospérera plus.

Les deux hommes ont milité ensemble au sein du Pastef et connu la case prison lors des tensions politiques qui ont secoué le pays entre 2021 et 2024. Sa candidature rejetée, Sonko avait choisi Diomaye Faye comme candidat de substitution. Ce dernier est sorti vainqueur au premier tour du scrutin présidentiel d’avril 2024 avec 54 % des voix.

Faye avait choisi Sonko comme Premier ministre, avant de s’en séparer en mai 2026 sur fond de divergences dans la gestion des affaires publiques. Le leader du Pastef a alors retrouvé son mandat de député, avant d’être propulsé président de l’Assemblée nationale quelques jours plus tard.


Vers un duel de clarification

Les Locales de 2027 et de probables élections législatives, avec la dissolution évoquée de l’Assemblée nationale en décembre, constitueront un test de popularité entre les deux anciens alliés. En attendant la présidentielle de 2029, que les militants respectifs considèrent déjà comme le duel de la clarification.


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