Avant de briguer la tête de l’organisation, Olara Otunnu y a occupé des fonctions de premier plan : de 1997 à 2005, sous le mandat de Kofi Annan, il a été secrétaire général adjoint de l’ONU et représentant spécial chargé des enfants dans les conflits armés. Il a également représenté son pays à New York en tant qu’ambassadeur auprès des Nations unies, avant d’exercer brièvement les fonctions de ministre des Affaires étrangères de l’Ouganda.

Sa trajectoire ne se limite pas à la diplomatie multilatérale : en 2011, il avait tenté sa chance dans la course à la présidence ougandaise sous les couleurs du parti d’opposition Uganda People’s Congress, sans parvenir à déloger Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986. C’est finalement son pays d’origine qui a présenté sa candidature à l’ONU, officiellement annoncée samedi aux États membres.

Sur la liste des postulants à la succession du secrétaire général sortant, dont le mandat s’achève le 31 décembre, figurent désormais la Chilienne Michelle Bachelet, l’Équatorienne María Fernanda Espinosa, l’Argentin Rafael Grossi, la Costaricienne Rebeca Grynspan, la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett, ainsi que l’ancien chef de l’État sénégalais Macky Sall, seul autre candidat africain en lice.

La procédure de désignation entre désormais dans une phase décisive : les quinze membres du Conseil de sécurité doivent organiser, le 30 juillet, un premier vote à bulletins secrets destiné à sonder leurs préférences parmi les candidats. Ce scrutin, dit « indicatif », ne sera que le premier d’une série dont le nombre reste inconnu, jusqu’à ce qu’un nom recueille les neuf voix nécessaires sans opposition d’aucun des cinq membres permanents, à savoir la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie. Le nom retenu sera ensuite soumis à l’Assemblée générale.

L’entrée en lice d’Olara Otunnu met ainsi fin au statut de seul candidat africain qu’occupait jusque-là Macky Sall depuis le dépôt de sa candidature en mars. Celle de l’ancien président sénégalais avait été portée au départ par le Burundi, au nom de l’Union africaine, avant de recevoir le soutien officiel de Dakar au mois de juillet. Aucun Africain n’a dirigé l’organisation depuis le départ de Kofi Annan en 2006.