Le consortium hispano-germano-américain a retenu Kellogg Brown & Root, GE Vernova, Electric Hydrogen et Terabase pour mener l’étude de pré-ingénierie de base de sa future unité d’ammoniac de Laâyoune. Ces travaux sont financés à hauteur de 5,7 millions de dollars par une subvention de l’Agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA)
ORNX Laayoune 1 SASU, la société de projet du consortium, a sélectionné un groupement d’entreprises américaines emmené par Kellogg Brown & Root LLC (KBR), auquel s’ajoutent GE Vernova, Electric Hydrogen (EH2) et Terabase. Ce groupement d’ingénierie est distinct du tour de table industriel du projet, qui réunit l’américain Ortus, l’espagnol Acciona et l’allemand Nordex. L’étude qui lui est confiée comprendra une évaluation de la technologie d’électrolyseurs développée par Electric Hydrogen, l’examen des différentes options d’approvisionnement en énergie, la détermination de la taille et de la configuration optimales des installations industrielles, ainsi que l’élaboration de projections financières et de modèles économiques détaillés.
Il s’agit d’une étude de pré-ingénierie de base, le pre-FEED, étape qui précède l’ingénierie de base proprement dite (FEED) et prépare la décision finale d’investissement. Peter A. Gish, directeur général d’ORNX, a indiqué que ce financement permettrait d’achever ces travaux avec les quatre partenaires retenus et de faire progresser « le développement technique et commercial » du projet vers les phases suivantes. Le dirigeant a également fait état de la poursuite du travail avec l’USTDA et l’ambassade des États-Unis à Rabat en vue de boucler le développement et le financement de l’ensemble. Une fois opérationnelle, l’installation devrait produire jusqu’à 560 000 tonnes d’ammoniac par an.
Une subvention de 5,7 millions de dollars
La convention a été paraphée mardi 28 juillet à Laâyoune par Thomas R. Hardy, directeur adjoint et directeur des opérations de l’USTDA, et Peter A. Gish, en présence de l’ambassadeur des États-Unis au Maroc, Duke Buchan III. Pour l’agence américaine, l’opération relève de son cœur de métier : financer les études techniques amont qui permettent aux projets d’infrastructure des marchés émergents d’attirer les financements nécessaires à leur réalisation, tout en positionnant l’offre américaine sur les acquisitions de biens et de services qui en découleront. « Le Maroc a fait de la production d’ammoniac dans cette région une priorité nationale », a déclaré Thomas Hardy, qui présente l’appui de son agence comme un moyen de placer les technologies américaines « au cœur » d’un chantier que Rabat considère comme structurant pour l’avenir économique du territoire.
Le montant de la subvention de 5,7 millions de dollars (M $) se situe au-dessus de la fourchette habituelle des dons d’études de l’agence américaine, ce que peut expliquer l’ampleur du périmètre confié au groupement : quatre entreprises mobilisées et une évaluation technologique spécifique.
Un projet à 4,5 milliards de dollars
Le projet lui-même est évalué à 4,5 milliards de dollars (MM $). Dans sa première phase, il doit produire 100 000 tonnes d’hydrogène et 560 000 tonnes d’ammoniac par an, à partir de plus de 2 gigawatts de capacités éoliennes et solaires, de quelque 900 mégawatts d’électrolyseurs, d’un système de stockage par batteries et d’une unité de dessalement d’eau de mer. ORNX avait signé début février une convention de réservation foncière avec le gouvernement, dans le cadre de l’Offre Maroc pour l’hydrogène vert, et envisage deux autres implantations à Boujdour et Dakhla.
Une première américaine dans les provinces du Sud
Duke Buchan III a présenté la signature comme le premier financement accordé par le gouvernement américain au secteur privé dans le Sahara marocain. L’ambassadeur y voit la confirmation de « l’importance stratégique des investissements américains » dans la région et annonce que d’autres initiatives suivront. La cérémonie s’est tenue en présence de Mohamed Amine Belhaj, directeur de la diplomatie économique au ministère des Affaires étrangères, du wali Abdeslam Bekrate et du président du Conseil de la région, Sidi Hamdi Ould Errachid. Aucun ministre n’y a participé.
L’opération s’inscrit dans le prolongement de la reconnaissance par Washington de la souveraineté marocaine sur le Sahara en 2020 et intervient l’année du 250e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays. Elle survient également quelques jours après la décision de baptiser la voie express Tiznit-Dakhla du nom de Donald Trump.
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