Des citoyens trompés envoyés au combat
Dans un communiqué publié dimanche, le ministère nigérian des Affaires étrangères a exprimé sa « profonde préoccupation » face à l’augmentation du nombre de cas de citoyens recrutés illégalement pour combattre à l’étranger. Le communiqué précise que ces ressortissants sont « recrutés sous de faux prétextes » et « déployés dans des zones de combat après avoir été trompés ». Le ministère demande à ses missions à l’étranger de « renforcer la vigilance consulaire et de fournir des services de conseil en temps utile aux Nigérians ».
La Russie au cœur des accusations
Selon le collectif d’investigation All Eyes on Wagner, au moins 36 Nigérians ont été recrutés par l’armée russe, dont cinq sont morts au combat. Des enquêtes menées dans plusieurs pays africains, comme le Kenya, montrent un mode opératoire similaire : des agences locales proposent un emploi rémunérateur en Russie, mais une fois sur place, les candidats signent sous la menace des contrats en alphabet cyrillique qu’ils ne comprennent pas et sont envoyés sur le front ukrainien.
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Une inquiétude qui se répand en Afrique
Le phénomène a également attiré l’attention de plusieurs autres pays africains :
Le chef de la diplomatie kényane, Musalia Mudavadi, prévoit une visite à Moscou en mars pour discuter de ces recrutements. Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a évoqué avec Vladimir Poutine le rapatriement des Sud-Africains combattant aux côtés des forces russes. En Ouganda, des témoignages similaires commencent à affluer, malgré la proximité historique du pays avec la Russie.
La fille de l’ex-président sud-africain Jacob Zuma, Duduzile Zuma-Sambudla, a démissionné du parlement après avoir été accusée d’avoir participé au recrutement de jeunes pour ce conflit.
Une présence africaine importante sur le front ukrainien
Selon Kiev, en novembre 2025, au moins 1.436 citoyens de 36 pays africains étaient identifiés dans les rangs russes, une situation qui soulève de sérieuses inquiétudes diplomatiques et humanitaires à travers le continent. Le Nigeria, en réagissant officiellement, rejoint ainsi une vague d’États africains qui tentent de protéger leurs citoyens contre ce phénomène de recrutement frauduleux et dangereux.