Avec notre correspondante à Dakar, Juliette Dubois
Dans la vidéo incriminée, Lamignou Darou, Oustaz Thiep et Ndiaye Touba, trois chroniqueurs du média Feeñal Digital, proche de Pastef, se filment en train de prier. Ils appellent le malheur – mort, paralysie, AVC – sur « celui qui a trahi le projet de Pastef », sans le nommer. Beaucoup y voient une référence à Bassirou Diomaye Faye.
Le procureur de la République s’autosaisit et ordonne leur interpellation par la Division spéciale de cybersécurité. Lundi, les trois hommes sont arrêtés dans les locaux mêmes de leur média – une méthode dénoncée par le Synpics, le syndicat des professionnels de la presse.
Déférés jeudi 30 juillet 2026, ils sont placés sous mandat de dépôt pour offense au chef de l’État et discours contraire aux bonnes mœurs. Pour leur avocat, Me Aby Nar Ndiaye, la décision est injustifiée : le nom du président n’a jamais été prononcé : « Ils ne parlent pas du président de la République. Ils n’ont aucunement cité le président de la République. Leur dessein n’était pas de diriger de tels propos à l’encontre du président de la République. On aurait donc dû les relâcher. Nous estimons que c’est une manière d’apeurer la jeunesse qui est derrière le président Ousmane Sonko. »
L’affaire suscite d’autres réactions : le maire Pastef de Dakar, Abass Fall, dénonce l’arrestation et interpelle le chef de l’État ainsi que les ministres de la Justice et de l’Intérieur. L’ONG Article 19 réclame de son côté l’abrogation des articles du Code pénal sur l’offense au chef de l’État. Les trois hommes seront jugés lundi.
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