D’après les chiffres actualisés publiés le 30 juillet par le gouvernement de la République démocratique du Congo, le pays a enregistré 3 442 cas d’Ebola et 1 521 décès. Le nombre de décès a augmenté d’environ 50 % en une semaine seulement, ce qui témoigne d’une propagation rapide de la maladie, notamment dans l’est du pays, où des décennies de conflit entre l’armée et les groupes armés ont gravement fragilisé la gouvernance, les infrastructures et les capacités du système de santé publique .
Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) a indiqué que la forte augmentation des derniers chiffres s’explique en partie par un important retard dans la prise en compte des cas et des décès non confirmés ou non mis à jour. L’agence a toutefois averti que la situation demeure très préoccupante en raison de plusieurs facteurs qui entravent les efforts déployés pour maîtriser l’épidémie.
L’épidémie actuelle au Congo est liée à la souche Bundibugyo, la plus rare des quatre variantes connues du virus Ebola capables de provoquer la maladie chez l’homme. À ce jour, aucun vaccin n’a démontré son efficacité contre cette souche. L’absence de vaccin adapté, conjuguée à la persistance des combats entre groupes armés dans la région touchée, a entraîné une pénurie de ressources sanitaires. Un expert en santé publique ayant participé à la création des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies a souligné que ces conditions ont favorisé une propagation très rapide du virus.
De plus, les autorités sanitaires sont confrontées à de nombreux défis en matière de recherche des contacts, d’accès aux zones touchées et de mobilisation de la population. Le scepticisme envers les autorités et les professionnels de santé dans certaines localités nuit également à l’efficacité des mesures de prévention et de contrôle de la maladie.
L’épidémie est actuellement concentrée principalement dans la province reculée d’Ituri, à l’est de la République démocratique du Congo. Cette région représente près de 90 % des cas recensés à l’échelle nationale. Cependant, cinq autres provinces ont également confirmé des cas, dont la ville de Kisangani, l’une des principales villes du pays.
Parallèlement, l’Ouganda, pays voisin de la République démocratique du Congo, a déclaré le 28 juillet avoir mis fin à l’épidémie d’Ebola après la sortie du dernier patient de l’hôpital à la mi-juin. Cette évolution démontre que les épidémies peuvent être maîtrisées si les cas sont détectés précocement, isolés rapidement et si le système de santé maintient des capacités de surveillance efficaces.

Le 25 juillet 2026, des membres du personnel médical et des travailleurs de première ligne manifestent devant le centre de traitement Ebola Elikya à Bunia, au Congo. (Photo : AP)
Le directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies, le Dr Jean Kaseya, a déclaré que 63 % des décès confirmés au cours des deux dernières semaines sont survenus hors des centres de traitement. Selon le Dr Kaseya, l’une des principales causes est la manipulation non sécuritaire des corps des personnes infectées, notamment le contact direct avec les cadavres. Les experts de la santé avertissent que les corps des personnes décédées d’Ebola contiennent encore des niveaux très élevés de virus et sont extrêmement contagieux. Par conséquent, les inhumations doivent être effectuées dans le respect de protocoles de sécurité stricts afin de minimiser les risques de transmission au sein de la communauté.
Dans de nombreuses localités, les équipes de la protection civile et les groupes de soutien communautaires ont été mobilisés pour atténuer l’opposition de la population et veiller à ce que la collecte et l’inhumation des corps se déroulent rapidement et en toute sécurité. Cependant, la complexité du contexte sécuritaire a engendré de nombreux obstacles à cette opération.
Début juillet, des soignants de la province d’Ituri se sont mis en grève pour protester contre des retards de paiement et des conditions de travail dangereuses. Cette grève a encore davantage entravé la lutte contre la pandémie, alors même que le nombre de nouveaux cas augmentait rapidement.
Dans la zone sanitaire de Nyakunde, province d’Ituri, les partenaires internationaux mobilisés dans la lutte contre Ebola ont dû temporairement redéployer leurs équipes suite à une attaque perpétrée le 15 juillet contre un hôpital et un centre de traitement. Cet incident, survenu après le décès d’un patient, a perturbé la surveillance, le traçage des contacts et l’approvisionnement en matériel médical. Les autorités sanitaires mettent en garde contre le risque que ces perturbations du traçage et du traitement permettent au virus de continuer à se propager silencieusement au sein des communautés, notamment dans les zones reculées où l’accès aux soins est limité.
Malgré l’augmentation rapide du nombre de décès en République démocratique du Congo, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime faible le risque de propagation mondiale de l’épidémie. Contrairement à d’autres virus respiratoires, le virus Ebola ne se transmet pas par voie aérienne, mais principalement par contact direct avec le sang ou les fluides corporels d’une personne infectée. Selon l’OMS, les cas détectés hors de la République démocratique du Congo ont jusqu’à présent été rapidement identifiés et maîtrisés, empêchant ainsi la formation de chaînes de transmission prolongées.
Source : https://vtv.vn/so-ca-tu-vong-do-ebola-tai-chdc-congo-tiep-tuc-tang-100260731183127096.htm