Le groupe agro-industriel français Soufflet Malt a lancé en début de mois la construction d’une malterie pour un coût de 2 milliards de rands (environ 105,4 millions d’euros) à Midvaal, dans la province sud-africaine du Gauteng. L’unité sera dotée d’une capacité de production de près de 100 000 tonnes de malt et dépendra exclusivement de la production locale pour son approvisionnement.

« Pour atteindre cet objectif, Soufflet Malt travaille dans la région depuis plusieurs années afin d’établir des partenariats à long terme avec des agriculteurs établis ou en développement. Grâce à des formations, du mentorat et de l’appui commercial, Soufflet Malt les aide à adopter les meilleures pratiques agronomiques pour produire une orge de haute qualité », avait indiqué l’entreprise dans un communiqué dévoilant l’investissement en mars 2025.

Fournisseur d’Heineken

La future installation fournira l’ingrédient aux usines de production du brasseur néerlandais Heineken, dans le cadre d’un partenariat également signé en 2025. Son entrée en service est prévue pour le premier semestre 2027, et du point de vue local, elle est attendue comme un nouveau boost pour les investissements en amont (semences certifiées et intrants) dans la filière orge, qui a produit 380 000 tonnes de céréale en 2023/2024 selon les données du Département américain de l’agriculture (USDA).

Si ce volume fait de la nation arc-en-ciel le 4e plus important producteur de cette céréale en Afrique, derrière l’Éthiopie, le Maroc et l’Algérie, la filière reste confrontée à des défis structurels, notamment en matière de débouchés industriels, de structuration des chaînes d’approvisionnement et de valorisation locale. L’implantation d’une malterie moderne devrait ainsi contribuer à sécuriser la demande intérieure et à réduire les importations.

Un nouveau chapitre dans l’expansion africaine de Soufflet Malt

Pour l’entreprise tricolore, ce projet est aussi un coup stratégique dans le cadre de son aventure africaine. L’usine deviendra en effet sa seconde malterie opérationnelle sur le continent, après celle inaugurée en Éthiopie en 2021. Implantée dans le parc industriel de Bole Lemi, dans la banlieue de la capitale Addis-Abeba, elle dispose d’une capacité initiale de 60 000 tonnes de malt par an, avec un objectif d’extension à 110 000 tonnes à terme.

Avec ces deux installations, l’entreprise entend se positionner comme un fournisseur de proximité en ingrédients maltés pour les brasseries africaines, en misant sur la fiabilité logistique, la réduction des coûts d’importation et l’accompagnement technique des producteurs d’orge. Cette stratégie régionale vise à consolider des partenariats durables avec les acteurs locaux, tout en captant une part croissante du marché africain des boissons maltées.

Selon les données du cabinet d’analyse BarthHaas, la région a produit 160,5 millions d’hectolitres (Mhl) de bière en 2024, un volume en hausse de 6,7 % par rapport à 2023, et qui traduit la reprise définitive de l’industrie après le coup d’arrêt en 2020 avec la pandémie de coronavirus.

Soufflet Malt, qui exploite 40 usines de maltage dans 20 pays et produit environ 3,7 millions de tonnes de malt par an, est bien positionné à long terme pour tirer profit des perspectives favorables sur ce segment. D’un point de vue plus global, il faut noter que le groupe français est aussi actif en Afrique sur le segment blé-farine-pain. Il a lancé en 2021 en Côte d’Ivoire, sa filiale ouest-africaine dénommée « Soufflet West Africa » (SWA). À travers cette entité, il ambitionne de servir les meuniers et industriels agroalimentaires d’une dizaine de pays d’Afrique de l’Ouest, notamment le Bénin, le Sénégal, le Mali, le Togo et le Burkina Faso.