Gauthier Lebec est reporter embarqué sur Biotherm pendant The Ocean Race Europe. Il confie à Ouest-France son carnet de bord.

« Pendant ces 5 jours de navigation au Sud depuis notre départ en Angleterre, les côtes ne cessent de changer de couleurs et de silhouettes.

L’air devient chaud et lourd. Nous longeons l’Espagne, sur notre bâbord depuis quelques jours mais à présent, je distingue des montagnes, droit en face de nous. Un nouveau continent.

J’observe ces terres qui se font face. Elles paraissent trop proches pour être séparées par une mer si grande et si profonde.

Le bateau est soudainement secoué par un clapot court formé par le courant. Nous nous engageons dans le détroit en plaçant un premier empannage. À peine le spi établi sur le nouveau bord que le vent forcit d’un coup. « On va devoir changer de voile rapidement ! Matossage à l’arrière ! »

« L’Imoca s’envole »

« La manœuvre est efficace, l’Imoca s’envole au fur et à mesure que le vent d’Ouest accélère en s’engouffrant dans cet entonnoir. Les falaises du Maroc défilent et je perçois la tension dans la voix de Sam qui annonce les distances de croisements avec les cargos.

En plus du trafic, du courant et du vent, nous devons gérer un DST. Cette zone de navigation interdite réservée aux bateaux de commerces nous contraint à deux empannages supplémentaires, au cœur du trafic maritime.

Le vent reprend encore des tours, Paul est contraint de lâcher la barre. Nous nous retrouvons tous les cinq, cramponnés dans le cockpit, le bateau lancé à 30 nœuds, à regarder le continent Africain s’éloigner dans notre sillage. »