Conflits de voisinage, litiges familiaux, sécurité… En Ouganda, les conseils locaux sont souvent le premier recours des habitants. Cependant, leur renouvellement est déjà fragilisé. Après les violences et irrégularités qui ont marqué mardi dernier une première étape des élections locales, un nouveau vote doit être organisé dans 1 135 villages.

« Les élections des conseils de paroisse reposent sur celles organisées au niveau des villages. Dès lors que ce premier scrutin est entaché d’irrégularités et de contestations autour des listes électorales, c’est toute la base des élections suivantes qui est fragilisée », explique Sarah Bireete, directrice du Center for Constitutional Governance (CCG), une organisation non gouvernementale ougandaise de surveillance constitutionnelle.

Cette année, une nouveauté marque le scrutin : les partis politiques qui s’y impliquent beaucoup plus. Jusqu’à présent, les candidats se présentaient en leur nom propre, sans étiquette de parti. Les habitants votaient surtout pour une personne qu’ils connaissaient dans le village. Cette fois, les partis politiques s’impliquent ouvertement. Les candidats sont identifiés au NRM, au NUP ou à d’autres partis. Les campagnes deviennent plus politiques, avec davantage de ressources, de rivalités et de pressions.

Une évolution préoccupante, estime Frederick Golooba-Mutebi, analyste indépendant : « Auparavant, les responsables de village étaient choisis pour leurs qualités personnelles. Cette fois, la compétition entre les partis et l’argent ont pris beaucoup plus de place, notamment avec le fort soutien financier du parti au pouvoir, le NRM. À mes yeux, cela ouvre la voie à de nouvelles formes de corruption au niveau local ».

Après les difficultés rencontrées lors de cette première étape, la crédibilité du scrutin du 10 août prochain sera particulièrement scrutée par l’opposition et les observateurs.

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