Le 31 juillet, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), affilié à la Fédération internationale des journalistes (FIJ), a publié un rapport d’activité couvrant la période janvier 2025 – juillet 2026, dans lequel il dénonce la détérioration sans précédent de la liberté de la presse et d’expression dans le pays. La FIJ se joint à son affilié, le SNJT, pour demander la mise en œuvre effective des lois sur la liberté de la presse.

Publié le 31 juillet, ce rapport résulte de la deuxième assemblée générale ordinaire du SNJT. Le syndicat y dénonce une détérioration grave et sans précédent de la liberté de la presse en Tunisie, marquée par la multiplication des poursuites contre les journalistes, les pressions exercées sur les médias, la dégradation des conditions de travail et le recul des libertés publiques.

Le rapport rappelle que les journalistes Mourad Zghidi, Borhane Bsaïes et Zied El Hani sont toujours emprisonnés et dénonce un nouveau recul de la liberté d’expression et de la liberté de la presse dans le pays. Leur emprisonnement repose notamment sur le décret-loi 54 relatif à la lutte contre les fausses informations et les rumeurs en ligne, trop souvent instrumentalisé pour criminaliser le journalisme, museler la presse et censurer les opinions critiques en Tunisie. 

Le SNJT rejette la criminalisation des journalistes par le décret-loi 54 et demande sa révision afin que la liberté de la presse et la liberté d’expression soient protégées. Il exige également l’adoption du décret-loi 115 relatif à la liberté de la presse, de l’imprimerie et de l’édition, ainsi que du décret-loi 116, comme  seuls cadres juridiques régissant les questions liées à la presse. 

Au-delà des harcèlements judiciaires, le SNJT dénonce également les campagnes de haine à l’encontre des journalistes et souligne qu’elles constituent une menace directe pour leur sécurité et pour la liberté de la presse. Le syndicat pointe notamment le fait que les médias traitant de migration sont devenus la cible de haine et de harcèlement dans un contexte de propagation des discours de haine à l’encontre des migrant·es subsaharien·nes sur les réseaux sociaux

Le rapport attire également l’attention sur la dégradation des conditions de travail, marquée par des licenciements abusifs, des retards dans le paiement des salaires et des contrats illégaux. Les journalistes sont également soumis à la pression de directives éditoriales, à la délimitation de la couverture médiatique et à la restriction de leur liberté d’initiative. Ces interventions, rappelle le syndicat,  “suscitent l’autocensure et affaiblissent le pluralisme des médias”.

Le SNJT a déclaré qu’il continuera «[…] de défendre la liberté de la presse, la dignité des journalistes et l’indépendance du secteur par tous les moyens légitimes, convaincu qu’il ne peut y avoir de démocratie sans presse libre, ni de presse libre sans journalistes en sécurité et jouissant pleinement de leurs droits et libertés. »

Anthony Bellanger, le secrétaire général de la FIJ, a déclaré : « Le rapport du SNJT souligne à quel point nos consœurs et confrères tunisien·nes sont sous pression et l’importance d’y apporter une réponse collective. Nous demandons la libération immédiate de Mourad Zghidi, Borhane Bsaïes et Zied El Hani, exigeons que les autorités tunisiennes mettent fin à la criminalisation des journalistes et appelons les journalistes et les travailleur·euses des médias tunisien·nes à se syndiquer pour protéger leurs droits.