Le ministre de l’Intérieur français Laurent Nuñez a entamé, lundi 16 février 2026, une visite en Algérie pour tenter de renouer les liens bilatéraux sur les questions de sécurité, dans un contexte de grave crise diplomatique entre Paris et Alger. Ce déplacement hautement sensible avait été annoncé à la suite de l’invitation il y a plusieurs mois du ministre de l’Intérieur algérien Saïd Sayoud, mais tardait à se concrétiser.

Après avoir été accueilli par son homologue à l’aéroport, Laurent Nuñez et sa délégation se sont rendus au ministère de l’Intérieur algérien pour des réunions de travail. Selon des photos des entretiens, diffusées par les autorités algériennes, étaient présents aux côtés des ministres, des hauts responsables sécuritaires des deux pays dont la cheffe française de la DGSI (Direction générale de la Sécurité intérieure) Céline Berthon.

Signe de dégel bilatéral

Cette visite de deux jours apparaît comme un premier signe de dégel bilatéral. Selon le ministre français, après une + Si aucune rencontre avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune n’est programmée pour le moment, Laurent Nuñez n’a pas écarté cette éventualité lundi sur la radio France Inter : « Je verrai bien ce qu’il se passe sur place ».

À Alger, le ministre compte discuter de « toutes les questions de sécurité » : de la lutte contre le terrorisme à l’immigration illégale en passant par le trafic de drogue.

Le sujet des réadmissions, c’est-à-dire du retour dans leur pays des ressortissants algériens en situation irrégulière en France (OQTF), reste le plus épineux. À ce jour, aucun ressortissant algérien sous OQTF (obligation de quitter le territoire français) n’a été accepté par Alger, selon une source proche du dossier qui s’est confiée à l’Agence France-Presse.

Renouer le dialogue

Selon des observateurs, une récente visite en Algérie de l’ancienne ministre socialiste Ségolène Royal, reçue avec tous les honneurs, a permis de débloquer la situation.

Avec sa visite, Laurent Nuñez n’entend pas montrer les dents comme son prédécesseur, ni afficher des objectifs ambitieux, l’important étant, selon des sources diplomatiques, de renouer le dialogue, si ténu soit-il, au niveau sécuritaire.