L’Afrique demeure un pilier historique du groupe français TotalEnergies avec des opérations dans plus de 40 pays, en dépit du déclin de sa contribution aux performances globales. En 2025, le continent a représenté 17% de la production mondiale d’hydrocarbures du groupe, soit 431 000 de barils équivalents au pétrole par jour sur un total de 2 545 kboe/j. Par ailleurs, il a pesé pour 13% des ventes mondiales de produits raffinés, avec une moyenne de 579 000 barils par jour sur un volume global de 4 356 kb/j . Ainsi, le continent noir est demeuré le deuxième pôle géographique du groupe, derrière l’Europe. Mais derrière cette stabilité apparente en proportion, les volumes absolus sont en recul. La production africaine est passée de 474 kbep/j en 2022 à 471 kbep/j en 2023, puis à 450 kbep/j en 2024 et à 431 kbep/j en 2025, soit une contraction cumulée de 9,1 % en trois ans . Dans le même temps, le prix moyen du Brent est passé de 101,3 dollars par baril en 2022 à 69,1 dollars en 2025 .
Le déclin naturel de la production, de l’ordre de 3 à 5 % par an sur les gisements matures comme Girassol ou Amenam, reste un défi structurel pour TotalEnergies en Afrique. Bien que les mises en service de Begonia et CLOV 3 en 2025 permettent de maintenir l’activité des FPSO (ces navires-usines géants qui extraient, traitent et stockent le pétrole en pleine mer avant de le charger sur des tankers), ces nouveaux raccordements servent surtout à freiner l’épuisement des champs existants.
Un recul de 21% en trois ans dans l’aval pétrolier
Dans l’aval, les ventes de produits raffinés ont suivi une trajectoire similaire, passant d’une moyenne de 732 kb/j en 2022 à 579 kb/j en 2025, soit une baisse cumulée de 21 % . La contraction est plus marquée en 2023, avec un recul des ventes de 14,7 %, suivi de baisses de 5,9 % en 2024 et de 1,4 % en 2025.
Au Nigeria, TotalEnergies Marketing Nigeria Plc a publié, pour 2025, un chiffre d’affaires de 768 milliards de nairas (environ 427 millions d’euros), contre 1 042 milliard de nairas (environ 580 millions d’euros) en 2024. Le résultat net ressort à une perte de 17,2 milliards de nairas (environ 9,5 millions d’euros), contre un bénéfice de 27,5 milliards de nairas (environ 15,3 millions d’euros) un an plus tôt.
Les revenus des produits blancs ont chuté de 830 milliards de nairas (environ 461 millions d’euros) à 529 milliards de nairas (environ 294 millions d’euros), tandis que les charges financières ont atteint 25,6 milliards de nairas (environ 14,2 millions d’euros).
Sur le plan concurrentiel, l’entrée en service de la raffinerie Dangote au Nigeria, d’une capacité de 650 kb/j, modifie les flux d’approvisionnement en Afrique de l’Ouest. Par ailleurs, depuis 2022, le groupe français a dû faire face aux contraintes imposées par le retrait de certains marchés, comme le Burkina Faso, le Mali et la République centrafricaine, désormais marqués par l’influence russe et en proie à des divergences diplomatiques avec la France, siège de TotalEnergies.
La Namibie et… le Mozambique comme leviers d’amélioration
Le projet Mozambique LNG marque un tournant. Après la déclaration de force majeure du 26 avril 2021, TotalEnergies a levé cette mesure le 24 octobre 2025 et a annoncé la reprise complète des activités le 29 janvier dernier. Les travaux ont redémarré sur le site d’Afungi et sur les installations offshore. Le projet conserve une capacité comprise entre 12,9 et 13,1 millions de tonnes par an via deux trains de liquéfaction, pour un investissement initial estimé à environ 20 milliards de dollars.
Aussi, pour 2026, la liste d’autres projets africains inclut en Algérie le développement de projets pour 55 kboe/j additionnels, en Libye, Mabruk, avec 20 kboe/j, en Angola, la montée en puissance de Begonia et Clov Phase 3 avec un objectif de 60 000 barils/jours), et en Ouganda, Tilenga, avec un plateau de 110 kboe/j et une participation opérée de 56,7% . Tous ces projets contribuent, pour la part qui revient à Total, à plus de 125 kboe/j de capacité additionnelle.
Enfin, la Namibie constitue le principal axe de développement à moyen terme. TotalEnergies a conclu une transaction avec le groupe portugais Galp – très actif dans l’exploration pétrolière et gazière – lui permettant d’acquérir 40% des opérations d’un bloc qui inclut les réserves découvertes sur le projet Mopane estimées entre 800 et 1,1 milliard de barils.
En échange, le groupe français donnera 10% du projet Venus (situé sur le bloc PEL56) et s’engage à payer les futurs frais de recherche de son partenaire. Ce dernier projet contient environ 750 millions de barils, et utilisera une usine flottante pour produire 150 000 barils par jour. La validation financière est prévue pour la mi-2026, afin de commencer l’extraction de pétrole en 2030.
Quant au projet Mopane, il vise une production supérieure à 200 kb/j, avec une décision finale d’investissement prévue en 2028. La capacité opérée cible en Namibie est estimée à 350 kb/j à l’horizon 2035.