Le Sénégal traverse actuellement des moments difficiles sur le plan budgétaire, les autorités ayant engagé plusieurs réformes pour sortir le pays de cette situation, dans un contexte marqué par une dette évaluée à 132 % du PIB, comme le rappelle le bilan dressé par le ministre des Finances devant l’Assemblée nationale sur l’exécution budgétaire du premier trimestre. C’est dans ce contexte que le Conseil d’administration de la BAD a approuvé, le 17 juillet 2026 à Abidjan, un financement de plus de 26 millions d’unités de compte, soit environ 20 milliards de FCFA.
Ces ressources sont destinées à soutenir les réformes engagées par le gouvernement pour renforcer la gestion des finances publiques, accroître la mobilisation des ressources intérieures et attirer davantage d’investissements privés. L’appui de la Banque doit notamment permettre de mettre en œuvre la deuxième phase du Projet d’appui institutionnel à la mobilisation des ressources et à l’attractivité des investissements (Paimrai), qui s’inscrit dans le prolongement des acquis de sa première phase.
« Par cette opération, la Bad réaffirme son engagement aux côtés du Sénégal pour consolider les réformes économiques, renforcer la mobilisation des ressources intérieures et créer les conditions d’une croissance plus résiliente, tirée par un secteur privé plus dynamique », a déclaré Wilfrid Abiola, responsable du bureau pays du Groupe de la Bad au Sénégal. Le communiqué de l’institution précise que l’appui vise à renforcer la gouvernance des finances publiques en mettant l’accent sur la modernisation de l’administration fiscale, l’amélioration de l’efficacité de la gestion de la dette publique ainsi que le renforcement de la qualité et de l’efficience des dépenses publiques.
Le projet accompagnera également les autorités dans la mise en œuvre des réformes structurelles rendues nécessaires par les conclusions de l’audit de la Cour des comptes sur la situation des finances publiques, couvrant la gestion de 2019 au 31 mars 2024, un chantier de transparence budgétaire déjà engagé par ailleurs à travers la recherche d’un conseil financier pour restructurer la dette du pays, comme le montre le processus de sélection d’un conseiller financier lancé récemment par les autorités sénégalaises.
Les ressources contribueront également à renforcer la compétitivité du secteur privé sénégalais en soutenant les réformes visant à améliorer l’environnement des affaires, à promouvoir l’entrepreneuriat et à accroître l’attractivité des investissements dans les différents pôles économiques du pays. Selon la Bad, le projet contribuera en particulier à améliorer l’accès du Sénégal aux marchés de capitaux grâce à une gestion plus efficace de la dette publique et à une maîtrise renforcée des mécanismes de financement climatique.