En parallèle, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a qualifié de « cibles légitimes » les bases britanniques utilisées par les États-Unis, dont la RAF Fairford. En mars dernier, l’Iran avait tiré deux missiles Khorramshahr-4 en direction de Diego Garcia, une base stratégique britannique. Ces récents événements et déclarations alimentent des interrogations autour de possibles attaques de l’Iran envers l’Europe.
Si l’inquiétude monte, certains experts se montrent plus mesurés quant à cette menace.
Pourquoi une frappe de l’Iran contre l’Europe reste peu probable
Frapper l’Europe représenterait une escalade d’une autre nature. « Je n’imagine un tel scénario que si l’UE se joignait aux États-Unis pour contraindre l’Iran à quitter le Golfe ou pour lancer une invasion terrestre. (…) Il y a encore bien des échelons à gravir dans l’escalade avant d’en arriver là », explique James Devine à Forbes US.
L’obstacle principal demeure autant juridique que militaire. « En lançant une telle attaque, l’Iran déclencherait l’article 5 et susciterait un consensus bien plus large contre lui », relève Arash Azizi, chargé de cours à Yale et spécialiste de l’Iran. Cet article 5 stipule qu’une attaque contre l’un des membres de l’Alliance représente une attaque contre l’intégralité des pays membres. En parallèle, les contraintes militaires demeurent réelles face aux couches de défense antimissile avant d’atteindre une cible en Europe occidentale.
Des méthodes d’attaques indirectes à défaut d’un affront militaire ?
Si une attaque contre l’Europe occidentale paraît peu envisageable, l’Ukraine représente un cas différent. L’Iran dispose théoriquement de missiles capables d’atteindre le territoire ukrainien, d’autant plus qu’un accrochage a déjà eu lieu entre les deux pays. Des drones ukrainiens avaient en effet pris pour cible un cargo iranien en mer Caspienne fin juillet. « Si l’Ukraine persistait à frapper des navires iraniens, Téhéran pourrait juger nécessaire une frappe d’avertissement pour rétablir la dissuasion », estime James Devine auprès de nos confrères américains.
Même dans ce cas, une frappe de missile balistique resterait un seuil difficile à franchir. Les analystes s’accordent à dire que l’Iran privilégierait alors des méthodes plus indirectes pour dissuader les États européens de rejoindre le camp américain.
Et si le voyage commençait ici ?

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