À l’approche de la rentrée universitaire, le financement des études à l’étranger mobilise de nombreuses familles marocaines. Frais de scolarité, séjour, logement ou caution : les nouvelles règles de change simplifient les transferts et élargissent les possibilités offertes aux étudiants.

À quelques semaines de la rentrée universitaire, le financement des études à l’étranger redevient une préoccupation centrale pour de nombreuses familles marocaines. Frais d’inscription, logement, dépenses courantes ou encore exigences liées au visa : une partie importante de ces charges doit être réglée en devises depuis le Maroc. Le régime a été assoupli par la circulaire n°1/2025 de l’Office des changes, puis repris et actualisé dans l’Instruction générale des opérations de change 2026, actuellement en vigueur.

Le dispositif concerne les études post-baccalauréat suivies à l’étranger dans le cadre d’un cursus académique ou d’une formation professionnelle, auprès d’un établissement public ou privé. Il est ouvert aux Marocains résidant au Maroc, aux Marocains résidant à l’étranger ainsi qu’aux personnes étrangères nées d’un père ou d’une mère marocaine et ne disposant ni d’un passeport marocain ni d’une carte nationale d’identité marocaine.

Un dossier à domicilier auprès d’une seule banque
La première démarche consiste à domicilier le dossier «Études à l’étranger» auprès d’une banque marocaine. Celle-ci devient l’unique établissement chargé d’exécuter les transferts liés à la scolarité, au séjour et au logement. Au début de chaque cycle annuel ou période académique, l’étudiant doit remettre une attestation d’inscription, de préinscription ou un document équivalent délivré par l’établissement étranger. En cas de préinscription, l’attestation définitive doit être fournie à la banque dans les quatre mois suivant le premier règlement.

Les frais de scolarité transférables à hauteur du montant facturé
Les frais de scolarité peuvent être réglés à hauteur du montant figurant sur la facture ou le document émis par l’établissement étranger. Le transfert peut être effectué directement sur le compte de l’université ou de l’école, sur celui d’un organisme intermédiaire mandaté par l’établissement, mais aussi sur le compte de l’étudiant lorsque cette modalité est prévue. Pour débloquer le règlement, la banque exige notamment la facture ainsi qu’une attestation de scolarité ou un document équivalent.

La réglementation accepte expressément les lettres d’admission, d’acceptation et les admissions conditionnelles, ce qui permet d’engager certaines démarches avant l’inscription définitive. Les formations linguistiques peuvent également être prises en charge lorsqu’elles sont exigées par l’établissement pour poursuivre les études. Il faut alors fournir un document établissant ce caractère obligatoire, accompagné de la facture correspondante.

Les frais de séjour portés à 15.000 DH par mois
L’une des évolutions importantes de 2026 concerne les frais de séjour. Leur montant de référence est désormais fixé à 15.000 dirhams par mois, contre 12.000 dirhams dans la circulaire publiée en janvier 2025. Un montant supérieur reste possible, à condition de présenter une attestation de l’établissement, d’un consulat, d’une ambassade ou d’une autre autorité compétente précisant le niveau mensuel requis.

Les fonds peuvent être transférés sur le compte de l’étudiant, de son établissement ou d’un organisme intervenant dans la procédure d’obtention du visa. Ils peuvent également être chargés sur une carte de paiement internationale émise par la banque domiciliataire. Pour un étudiant mineur suivant des études post-baccalauréat, le transfert peut être effectué au profit de l’un de ses parents ou de son tuteur résidant à l’étranger. Le texte autorise aussi le transfert de plusieurs mensualités échues, dans la limite de douze mois, ainsi que le versement anticipé de frais de séjour pour une période pouvant atteindre un an.

En cas de simple préinscription, l’avance est normalement limitée à quatre mois, sauf lorsque l’établissement ou les services consulaires exigent un paiement plus important pour l’inscription ou l’obtention du visa. La réglementation ne prévoit donc pas une enveloppe autonome désignée comme une «allocation de départ». En revanche, la possibilité de transférer à l’avance plusieurs mois de frais de séjour permet de financer les premières dépenses liées à l’installation.

Le loyer, les charges et la caution également couverts
Le régime permet de transférer le montant réel du loyer, ainsi que les charges correspondantes, notamment les frais de syndic, les taxes et les honoraires liés à la conclusion du bail. Le paiement peut être versé sur le compte de l’étudiant ou directement sur celui du propriétaire. La banque demandera une copie du bail établie au nom de l’étudiant — ou de son tuteur lorsqu’il est mineur — ou une attestation délivrée par la résidence universitaire ou l’établissement d’hébergement. Lorsque le bailleur exige un règlement anticipé, cette condition doit apparaître dans le contrat ou dans une attestation distincte. Le dépôt de garantie est également transférable, dans la limite de trois mois de loyer. À la fin du bail, il doit être rapatrié au Maroc dans un délai de 60 jours ou servir au règlement des derniers loyers et charges.

Une année supplémentaire après la fin des études
Autre assouplissement notable : la banque peut continuer à transférer les frais de séjour et de logement pendant l’année qui suit la fin des études. L’étudiant doit alors présenter son diplôme ou une attestation de réussite, ainsi qu’un titre de séjour en cours de validité. Cette mesure permet de continuer à financer le séjour et le logement pendant les douze mois suivant la fin des études. Les étudiants participant à un programme d’échange bénéficient, pour leur part, des mêmes facilités pour les dépenses de séjour et de logement, mais pas pour les frais de scolarité. Leur dossier doit également être domicilié auprès d’une banque marocaine, avec les justificatifs des établissements marocain et étranger précisant la durée de l’échange.

Que faire en cas de changement d’université ?
En cas de changement d’établissement, l’étudiant doit informer sa banque domiciliataire et lui remettre les documents émis par la nouvelle université, notamment l’attestation d’inscription ou d’admission et les factures correspondant aux dépenses à régler. Les modalités pratiques doivent être confirmées auprès de la banque avant tout nouveau transfert.

Cette mise à jour est indispensable puisque les transferts sont exécutés sur la base des justificatifs correspondant au cursus et à la période académique concernés. Enfin, l’étudiant peut ouvrir un compte bancaire à l’étranger pour gérer les sommes reçues. Ce compte doit toutefois être clôturé au terme de son séjour et son solde rapatrié au Maroc puis cédé sur le marché des changes dans les 60 jours suivant son retour.

Sanae Raqui / Les Inspirations ÉCO

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