On se souvient de la phrase cinglante de Donald Trump en 2018 qui avait qualifié les pays du continent de « pays de merde » : le président américain n’a jamais caché son dédain, pour ne pas dire plus, envers l’Afrique et ses habitants.

Dernier exemple en date : le durcissement de la politique migratoire américaine. Depuis hier, constate Afrik.com, « les ressortissants de 50 pays, dont 30 États africains, pourront être tenus de verser une caution pouvant atteindre 20 000 dollars », s’il veulent se rendre aux États-Unis pour le tourisme ou les affaires. « Expérimenté pendant un an, ce mécanisme devient désormais permanent, pointe le site panafricain. […] Le gouvernement américain explique que cette politique répond au nombre important de visiteurs qui restent sur le territoire après l’expiration de leur visa. Selon les données officielles citées par les autorités, plus de la moitié des voyageurs provenant des pays concernés avaient dépassé la durée de séjour autorisée en 2024. La caution constitue ainsi une garantie financière destinée à inciter les bénéficiaires des visas à respecter les conditions de leur séjour ».

Trente pays africains sont donc concernés, précise Afrik.com, « notamment le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la République démocratique du Congo, l’Éthiopie ainsi que plusieurs pays du Maghreb. Parallèlement, les autorités américaines maintiennent une interdiction de délivrance de nouveaux visas pour dix autres pays. Parmi eux figurent notamment le Burkina Faso, le Mali et la Somalie, déjà soumis à ces restrictions depuis plus d’un an ».

Au Maroc, la politique de la flatterie…

Trump et l’Afrique toujours : le Maroc fait les yeux doux au président américain… La grande autoroute qui relie le nord et le sud du pays, entre Tiznit et Dakhla, va s’appeler « Autoroute Donald J. Trump », selon une décision du roi Mohammed VI. « Le souverain attache explicitement cette décision, explique le site marocain Médias 24, à la reconnaissance, en décembre 2020, par la première administration Trump, de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. « Quel immense honneur ! », a réagi le président américain, exprimant l’espoir de parcourir « très bientôt » toute la longueur de cet axe (un peu plus de 1 000 km…). »

« Le pouvoir marocain cajole son allié américain », commente Le Point Afrique. « Donner le nom d’une autoroute située au Sahara à un président américain en exercice caractérise bien la loufoquerie des relations diplomatiques actuelles, depuis la guerre en Ukraine et le début du second mandat trumpien. Tel un dictateur lambda, l’homme aime apposer son nom sur des bâtiments officiels ainsi que des portraits géants. Et la diplomatie marocaine utilise au mieux les envies de reconnaissance de son allié ».

« Flatter, flatter, il en restera toujours quelque chose », ironise encore Le Point Afrique. En effet, « de nombreux chantiers en cours [au Maroc] sont gourmands en capitaux : aéroport, nouveau port de Dakhla Atlantique, projets industriels… Le 25 juillet dernier, l’ambassadeur des États-Unis signait le premier investissement fédéral au Sahara occidental : un projet de production d’hydrogène et d’ammoniaque. Et des taxes ont été levées sur les exportations d’engrais vers les États-Unis ».

Complications en RDC…

Enfin, Trump et l’Afrique, ça se complique avec la RDC. « Beaucoup de bruit pour rien ? », s’interroge Jeune Afrique. « À Washington comme à Kinshasa, beaucoup ont voulu voir dans le partenariat portant sur l’exploitation des minerais critiques, signé en juin de l’année dernière, le début d’un basculement géopolitique en Afrique centrale ». Et bien peine perdue : « Certes, Kinshasa a transmis aux autorités américaines une liste de permis miniers – une quarantaine – susceptibles d’intéresser des investisseurs. Mais dire que l’engouement des dits investisseurs reste limité est un euphémisme », relève le site panafricain. En clair : les entreprises américaines ne se bousculent pas au portillon… Trop de risques en RDC, explique Jeune Afrique : avant de se lancer, « les entreprises évaluent avant tout la stabilité politique, la sécurité juridique, la qualité des infrastructures, l’accès à l’énergie, les conditions fiscales et la capacité à exploiter un gisement pendant plusieurs décennies. Cette réalité explique pourquoi les annonces politiques ne se sont pas transformées en vague d’investissements ».