LA TRIBUNE AFRIQUE – Face aux récents changements au sein de l’écosystème du financement du développement, l’AFD a toujours soutenu son engagement à 100% en Afrique, ce que vous avez réitéré au Choiseul Africa Business Forum à Rabat. Vous êtes à la tête du département Afrique depuis le début de cette année, où en est l’Agence à ce stade ?

SANDRA KASSAB – J’ai effectivement pris mes fonctions en janvier 2025 à la tête du département Afrique de l’AFD qui couvre l’ensemble du continent, avec une présence marquée dans tous ces pays.  Ma prise de fonction a coïncidé avec la présentation des résultats 2024 lors de laquelle j’ai eu la chance d’accompagner notre directeur général Rémy Rioux. Sur l’année, le groupe AFD – incluant Proparco et Expertise France – a engagé environ 6 milliards d’euros en Afrique. Nous avons également eu des opérations emblématiques comme la matérialisation d’un premier financement d’un programme visant à accompagner la trajectoire de décarbonation de l’OCP [Office chérifien des phosphates, ndlr] au Maroc ou le financement d’un important programme d’accompagnement de la transition énergétique juste en Afrique du Sud. Et pour la première fois, un pays -le Bénin- nous a sollicité pour un financement budgétaire de politique publique dans le domaine du patrimoine et de la culture.

Depuis le mois de janvier, j’ai fait plusieurs missions, à la rencontre de nos partenaires, de mes collègues. Le département Afrique de l’AFD est composé de quasiment de près de 500 personnes dont seulement une cinquantaine sont à Paris. Il était donc important pour moi de me déplacer. Et partout où je suis allée, j’ai vu des équipes très mobilisées autour de la réalisation des projets engagés et l’initiation de nouveaux programmes noués avec nos partenaires. Nos équipes sont conscientes des défis du monde, des questionnements sur l’aide publique au développement, des enjeux budgétaires qui sont autant de nouvelles donnes avec lesquelles nous devons composer pour ajuster notre activité. Nous connaissons aussi en France des coupes budgétaires qui impactent une partie de notre activité. Et dans ce nouveau contexte fait de bouleversements, nous invitons nos partenaires à regarder ensemble où seront le mieux dépensés ces financements apportés par le groupe AFD dans leur pays, pour accompagner les transitions qui sont en marche.