Réuni en session extraordinaire, le Conseil communal de Fès a donné son feu vert à une convention quadripartite qui financera la construction d’un équipement sanitaire de proximité sur plus de 6.000 m². L’État apporte la moitié de l’enveloppe, la commune le terrain.
La capitale spirituelle du Royaume prépare le remplacement de son dispositif d’hygiène municipale. Mardi, les élus fassis ont validé, lors d’une séance convoquée à titre exceptionnel, le principe d’un partenariat destiné à ériger puis équiper un Bureau communal d’hygiène de nouvelle génération. L’accord réunit quatre signataires : le département de l’Intérieur, la Wilaya de la région Fès-Meknès, le Groupement sanitaire territorial Fès-Meknès et la collectivité elle-même. L’opération est chiffrée à 30 millions de dirhams (MDH). L’Intérieur en couvrira la moitié, soit 15 MDH, pendant que la commune se chargera de dégager le foncier indispensable au chantier. Le montage s’appuie sur l’article 110 de la loi organique n°113-14 relative aux communes, texte qui encadre les conventions de coopération entre collectivités territoriales et administrations publiques.
Un équipement pensé pour une métropole en expansion
L’argument démographique a pesé dans les débats. Fès absorbe depuis plusieurs années un afflux de population et une extension continue de son périmètre bâti, deux évolutions auxquelles les services d’hygiène existants ne parviennent plus à répondre.
« Ces installations sont devenues insuffisantes au regard des besoins de la métropole », a fait valoir Abdessalam Bakkali, président du Conseil communal, qui range le dossier parmi les urgences du mandat.
Le futur bâtiment abritera des bureaux administratifs, un dépôt mortuaire conforme aux normes réglementaires, des réserves pour les médicaments et le matériel technique, ainsi qu’une unité spécialisée dans la lutte contre la rage. Le président du Conseil a détaillé plusieurs des aménagements retenus : une morgue à forte capacité d’accueil, des salles réservées à la vaccination antirabique et un guichet unique appelé à alléger les formalités de transfert des corps, procédure souvent jugée lourde par les familles.
Des missions élargies
Au-delà du bâti, la structure doit élargir le champ d’intervention des agents municipaux. Y figurent la lutte antivectorielle, la médecine légale, la prévention des pathologies d’origine animale, le transport des personnes malades, blessées ou décédées, ainsi que la maîtrise de la prolifération des chiens errants, sujet récurrent des doléances adressées à la commune. Ce chantier s’inscrit dans une démarche plus large de mise à niveau des équipements municipaux, engagée pour relever le niveau des prestations offertes aux Fassis au quotidien.
Sami Nemli / Les Inspirations ÉCO
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