Le timing pouvait paraître malheureux. Quand Clémence Beretta a mis le clignotant à droite , le 23 juillet lors du championnat de France Élite à Albi, le signal sur son état de forme et son temps de passage dans la dernière ligne droite vers Birmingham et les championnats d’Europe n’était pas très encourageant. Alors, quand l’athlète de l’AVEC a confirmé la source de ses tracas, le degré d’inquiétude est monté d’un cran. La Navoiriaude, qui avait ressenti une pointe lors de son stage en altitude de Saint-Moritz, a passé une échographie qui a confirmé une petite lésion au semi-membraneux. « Il y a eu un peu de frayeur avec cette blessure, même petite, si près des Europe. J’avais augmenté le volume lors du stage, flirtant avec la limite. J’avais mal sans comprendre de quoi ça venait. 48 heures avant les France, je n’avais plus de signaux, mais dès le départ de la course (10 000 m), quand il a fallu mettre de l’intensité, j’ai ressenti une douleur comme électrique, proche du ressenti d’une sciatique. L’examen a confirmé une lésion, mais le médecin m’a dit que j’avais de la chance car il n’y avait aucun saignement. » Le curseur se trouvait alors placé à 21 jours de son semi-marathon européen.

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« Le championnat d’Europe le plus relevé »

Engagée dans une course contre-la-montre, la sélectionnée olympique a poursuivi sa préparation tout en gestion. « Le protocole de rééducation a bien changé. Avant on arrêtait tout, aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Il fallait juste que je ne dépasse pas le 3/10 sur l’échelle des douleurs en pleine intensité. Ce mercredi, à J moins 10, j’ai effectué ma première séance sur une bonne allure sans rien ressentir. Idem pour la rééducation chez le kinésithérapeute. J’ai bon espoir que tout soit rentré dans l’ordre. » Pendant cette période de doutes, il a fallu également composer avec la chaleur. « L’exposition à la chaleur était bénéfique pour les hématocrites (globules rouges). Mais c’est fou comme la canicule a pu chambouler mon rythme de sommeil. »

Alors qu’il lui reste dix jours pour les derniers réglages, Clémence Beretta a retrouvé le sourire. Championne d’Europe par équipes et deuxième de la course individuelle à Podebrady en mai 2025, la cheffe de file tricolore a toujours répondu dans les grands rendez-vous. « Le gros du travail a été fait avant. Il me reste deux séances d’intensité à passer. Il y a toujours un creux dans la deuxième semaine après le stage en altitude. Mais là, je commence à me sentir mieux. J’espère bénéficier des effets du stage le jour de la course. »

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La marcheuse mettra le cap sur l’Angleterre le 11 août, quatre jours avant une course qui s’annonce très concurrentielle. « Cela va être le championnat d’Europe le plus relevé et de loin. Avec les papesses de la marche, Maria Pérez (Espagne) et Antonella Palmisano (Italie), mais aussi une vague de jeunes qui sont apparues avec de gros chronos. On sera au moins une dizaine de filles pour les trois places du podium. Ça peut donner une course très tactique, sur un parcours pas forcément roulant. Ça peut me convenir. »