[Le nucléaire se met en ordre de bataille] La relance des grands projets nucléaires civils et militaires booste l’activité des sous-traitants de la filière. L’Usine Nouvelle effectue un tour de France à la rencontre de 50 PME et ETI qui bénéficient de ce mouvement. Direction le Bas-Rhin à la rencontre de Quiri.

«Avec le programme EPR2, le nucléaire passe d’une logique de projets uniques successifs à une logique de flotte, ce qui donne aux fournisseurs une meilleure visibilité et une meilleure maîtrise des process et des coûts d’industrialisation», apprécie Fabrice Urban, le PDG de Quiri.

Le fabricant de vérins, d’amortisseurs hydrauliques et d’échangeurs de chaleur installé à Duttlenheim (Bas-Rhin) est déjà positionné sur les marchés des futurs EPR2 de Penly, Bugey et Gravelines, ainsi que sur les deux réacteurs de Sizewell C, en Angleterre.

La PME espère décrocher de nouvelles commandes dans le cadre des prochains appels d’offres. Et anticipe une montée en charge de sa production, en adaptant son usine. Quiri a fait construire en 2025 un bâtiment de 1500m², pour un investissement de 1,5 million d’euros, afin d’augmenter ses capacités de production de 25 %. Cette extension doit générer 15 emplois, pour lesquels les embauches sont en cours. L’entreprise recrute des profils techniques et beaucoup de formations sont dispensées en interne. «Le nucléaire est un secteur à cycle long : construire une centrale prend plusieurs années. Il est essentiel pour nous de garder les équipes, qui détiennent un savoir-faire particulier», pointe Fabrice Urban.

Le nucléaire représente aujourd’hui 10 à 15% de l’activité de Quiri, qui vise une part de 25 à 30% dans les années à venir, tout en conservant des clients dans l’énergie, la défense, la pétrochimie, l’automobile. «Cette stratégie multi-activités nous permet de garder un équilibre entre les marchés et d’assurer notre pérennité», conclut le PDG.

Quiri en chiffres

Fondé en 1876

45 millions d’euros de chiffre d’affaires

400 salariés