Djidji Ayôkwé, ou le ‘Tambour parleur’, objet sacré de la communauté Ebrié pesant plus de 400kg, dérobé en Côte d’Ivoire par la France pendant la colonisation en 1916, a été accueilli vendredi, jour de fête nationale, par son village d’origine. Il sera désormais exposé à Abidjan.

Ce tambour, qui servait originellement à transmettre des messages, avait été officiellement restitué par Paris en février, puis acheminé en Côte d’Ivoire en mars. Mais il n’avait pas été sorti de sa caisse lors de son arrivée a l’aéroport. C’est donc la première fois qu’il est montré aux Ivoiriennes et aux Ivoiriens.

Lors de sa restitution en mars, le tambour n'avait pas été exhibé en public. [AFP - ISSOUF SANOGO] Lors de sa restitution en mars, le tambour n’avait pas été exhibé en public. [AFP – ISSOUF SANOGO]

Son retour entre dans le cadre du processus de restitution d’objets aux pays anciennement colonisés, initié par la France en 2017 et ayant abouti à une loi promulguée en mai qui facilite cette démarche.

Fête nationale ivoirienne

Vendredi, jour de fête nationale qui célèbre l’indépendance de la Côte d’Ivoire, le tambour a défilé lors d’une parade militaire dans le quartier de Yopougon, avant de rejoindre le village d’Adjamé, sa terre d’origine.

L’objet imposant en bois d’iroko, noir, blanc et rouge, long de 3,30 mètres et pesant près de 430 kg, a été transporté dans une caisse vitrée sur un grand char décoré et accueilli en présence de la ministre de la Culture Françoise Remarck, de chefs traditionnels et de centaines d’habitants.

Une image de la cérémonie de vendredi en Côte d'Ivoire. [AFP - ISSOUF SANOGO] Une image de la cérémonie de vendredi en Côte d’Ivoire. [AFP – ISSOUF SANOGO]

Une dizaine de personnes ont effectué une cérémonie de libation, lors de laquelle elles ont versé quelques gouttes d’un liquide sur la terre, en offrande aux ancêtres.

« Le développement d’une nation ne peut se construire sans la préservation de sa mémoire et la valorisation de son patrimoine », a déclaré le maire d’Adjamé, exprimant « une profonde émotion et une grande fierté ».

Confisqué puis volé par les Français

Plus qu’un instrument de musique, le Djidji Ayôkwé accompagnait les cérémonies importantes et servait à transmettre des messages, notamment pour alerter les villageois en cas de danger face aux colons.

Il avait été saisi en 1916 par les autorités coloniales, avant d’être envoyé en France en 1929, exposé à Paris au musée du Trocadéro, puis dans celui du quai Branly.

Le tambour sera désormais exposé au Musée des civilisations, à Abidjan.

>> Ecouter aussi les explications de RTS Religion en mars : La France restitue à la Côte d’Ivoire un tambour spolié pendant la colonisation / Le 12h30 / 1 min. / le 14 mars 2026

afp/jop