Après avoir atteint des sommets fin 2024, les cours mondiaux du cacao ont commencé à dévisser mi-2025, alors que le prix de l’or brun ivoirien, fixé par l’État, a atteint en octobre dernier le montant historique de 2 800 francs CFA (4,27 euros) par kilo. Le secteur, qui représente 14 % du produit intérieur brut (PIB) du pays, a alors traversé une crise en début d’année, avec un ralentissement des exportations, laissant les fèves s’entasser dans des entrepôts et une partie des 5 millions de personnes qui vivent de la filière sans revenus.
Des centaines de camions bloqués à l’entrée du port d’Abidjan ont alors été interdits de débarquer leurs sacs de fèves, faute de disposer du bon document. Même scénario en amont avec des producteurs et des coopératives n’arrivant pas à vendre et à évacuer leur cacao. L’État s’est engagé à acheter ces stocks de cacao bloqués pour résoudre la crise, au prix de 2 800 francs CFA le kilo.
Mais l’engagement du CCC, en janvier, à décongestionner la filière n’a pas suffi à rétablir la confiance entre acteurs. En février, l’organe régulateur déposait plainte contre deux représentants syndicaux du secteur pour diffamation parce qu’ils avaient alerté sur un risque de mévente.
Mercredi 5 août, le CC a annoncé la fin de l’opération, après avoir atteint l’objectif. « Ce programme de rachat des 100 000 tonnes de cacao, qui a été lancé et exécuté par le Conseil du café-cacao, est bel et bien terminé », a écrit l’organe dans un communiqué publié mercredi soir. Le CCC ajoute que « 280 milliards de FCFA ont été débloqués et mis à la disposition du Conseil du café-cacao pour l’exécution de cette opération », soit environ 426 millions d’euros.
De leur côté, les organisations de planteurs ont dénoncé, à plusieurs reprises, les lenteurs et le manque de transparence dans le processus lancé par le Conseil café-cacao. Dans leur dernière revendication, la semaine dernière, elles réclament un audit indépendant sur l’utilisation des fonds publics débloqués pour résorber la crise. Le CCC leur a répondu, en pointant au passage le comportement d’« individus mal intentionnés ».
La prochaine campagne cacao devrait être lancée avec un mois d’avance, le 1er septembre, une façon de tourner la page le plus tôt possible d’une année particulièrement compliquée.
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