LILIAN AUFFRET / Hans Lucas via AFP
Photo d’illustration. Un canadair lutte contre un violent incendie de forêt près de la commune de Biguglia, en Corse, le 25 juillet 2026.
Des vagues de chaleur à répétition, une sécheresse intense et des incendies dramatiques. L’Europe occidentale a connu son début d’été le plus chaud jamais enregistré, avec une période juin-juillet à un niveau record, alerte ce lundi 10 août Copernicus, l’observatoire européen du changement climatique.
L’Europe occidentale « s’est réchauffée deux fois plus vite que la moyenne mondiale » depuis les années 1980, rappelle l’organisme. Et cette tendance se poursuit. Pour juin et juillet 2026, la température moyenne combinée s’est ainsi élevée à 21,62 °C, dépassant le record de 2022.
Juin 2026 était déjà un mois de chaleur record pour la région et juillet se classe au deuxième rang des mois de juillet les plus chauds : avec une température moyenne de 22,48 °C (2,53 °C supérieure aux normales de la période 1991-2020), il arrive juste derrière juillet 2006 (22,54 °C).
« Un exemple clair » des effets du changement climatique
L’Europe de l’Ouest a subi quatre épisodes de chaleurs extrêmes depuis le mois de mai, dont deux en juillet. Ces vagues de chaleur ont alimenté une sécheresse quasi généralisée en France, en Espagne, dans certaines régions d’Allemagne et au Royaume-Uni.
Copernicus signale qu’en juillet, les niveaux d’humidité des sols en Europe occidentale « étaient nettement inférieurs à ceux de juillet 2022, dernier été marqué par une grave sécheresse » dans cette région. C’est « un exemple clair de la façon dont le changement climatique intensifie les extrêmes thermiques, la chaleur et la sécheresse se renforçant mutuellement », explique Samantha Burgess, une responsable de Copernicus.
Conséquences directes : les débits fluviaux ont été « exceptionnellement bas », notamment sur la Seine, le Rhin et le Danube. Ces faibles niveaux ont accru la pression sur l’approvisionnement en eau, l’irrigation, les écosystèmes aquatiques, le transport fluvial et la production d’énergie dans plusieurs pays.
Ces conditions ont également « favorisé une activité exceptionnelle des feux de forêt dans cette région, tant en termes de superficie brûlée que d’émissions » de carbone, indique Copernicus. En France, environ 42 000 hectares ont été parcourus lors d’un gigantesque incendie en Gironde, et en Espagne, ce sont 44 000 hectares qui sont partis en fumée dans la province d’Avila.
À l’échelle de la planète, les océans en surchauffe historique
Dans son dernier bulletin, Copernicus précise également qu’à l’échelle mondiale, juillet 2026 est, à égalité avec juillet 2024, le deuxième mois de juillet le plus chaud jamais enregistré, seulement dépassé par juillet 2023. Et cette chaleur exceptionnelle se constate de manière flagrante dans les océans du globe.
Ces derniers ont atteint des températures record pour le deuxième mois consécutif : la température moyenne mondiale à la surface des mers a atteint 20,96 °C, dépassant le précédent record de 2023. La chaleur océanique a atteint des « niveaux exceptionnellement élevés » sur une grande partie du Pacifique tropical, une zone où les conditions actuelles du cycle climatique naturel El Niño « devraient encore s’intensifier au cours des prochains mois ».
« Nous sommes confrontés à un El Niño très important, dont l’ampleur pourrait être sans précédent », a indiqué Carlo Buontempo, directeur du Copernicus Climate Change Service (C3S), estimant que cela pourrait conduire à un nouveau record de température moyenne mondiale d’ici la fin de l’année ou au début 2027.
Mais « le principal moteur de ce réchauffement – comme nous le savons – réside dans les gaz à effet de serre » émis par l’humanité dans l’atmosphère, ajoute-t-il. Déjà, autour de l’Europe, les eaux de la Méditerranée occidentale et de la façade atlantique connaissent des températures inhabituellement élevées en juillet, associées à des épisodes de canicule marine.
Les épisodes El Niño atteignent généralement leur pic à la fin de l’année, lorsque la chaleur accumulée dans l’océan libérée dans l’atmosphère fait grimper les températures mondiales. Le précédent épisode El Niño a contribué à faire de 2023 et 2024, respectivement, la deuxième et la première année les plus chaudes jamais enregistrées.