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10 août 2026 à 18h15
Dans la famille d’Amécourt, les prénoms se transmettent de génération en génération. Les valeurs aussi, au premier rang desquelles le sens du devoir.
Une cérémonie en hommage au Lieutenant d’Amécourt, maire d’Avoise
Vendredi 7 août 2026, à Avoise (Sarthe), Antoine et Yves d’Amécourt ont rendu un hommage poignant à leur oncle lors d’une cérémonie organisée avec la section Parcé-sur-Sarthe/Avoise de l’UNC.
Le lieutenant Antoine de Ponton d’Amécourt, tué par les fellaghas avec 11 membres de son unité le 8 août 1956 à Tablat, en Algérie, était aussi le tout jeune maire d’Avoise.
Les larmes aux yeux, Yves d’Amécourt a longuement pris la parole pour évoquer le souvenir de cet oncle dont le nom est inscrit au Monument aux Morts de la commune. La place de la mairie, où se déroulait la cérémonie, porte également son nom.

Les membres de la famille d’Amécourt réunis pour honorer la mémoire de leur oncle et grand oncle. ©Sylvaine TravadonVidéos : en ce moment sur Actu
« La guerre est toujours un échec, toujours une souffrance », a témoigné le neveu du Lieutenant d’Amécourt.
« La guerre est un deuil. Nous sommes réunis pour honorer un homme, un fils, un frère, un forestier, un maire, un officier, un français ».
Enfants, Yves et Antoine d’Amécourt n’ont connu leur oncle qu’à travers deux photos en noir et blanc. Posées dans le grand salon du domaine de Pescheseul à Avoise, elles faisaient pleurer leur père Bruno.
« Il y a 70 ans, les habitants de notre commune voyaient revenir non plus leur jeune maire mais son cercueil recouvert du drapeau français », a tristement rappelé Yves d’Amécourt, aujourd’hui installé à Sauveterre-de-Guyenne (Gironde).
« Il y a des noms que le temps n’efface pas, des visages que les familles continuent de regarder, des sacrifices que les villages continuent d’honorer et des morts qui ne sont pas absents ».
Une ombre tutélaire encore portée sur la famille
Cet oncle tombé pour la France dans la fleur de l’âge porte encore son ombre tutélaire sur la famille d’Amécourt.
Son neveu Antoine, parfait homonyme, ainsi prénommé en hommage au héros de la famille, a suivi ses pas dans la gestion de la scierie familiale à Avoise.
Il porte aussi, depuis 2008, l’écharpe de maire de la petite commune sarthoise.
L’héritage ne s’arrête pas là. À son tour distingué de la Légion d’Honneur en 2020, Antoine d’Amécourt a souhaité que la médaille soit précisément celle que son oncle avait reçue à titre posthume.
Pour poursuivre la transmission de cette mémoire familiale à portée universelle, Yves a lui-même prénommé un de ses fils Antoine.
« Ainsi va la transmission, témoigne-t-il. Un prénom n’est jamais un simple prénom. Il est une mémoire. Il est une promesse. Il est parfois une responsabilité ».

Yves et Antoine d’Amécourt entourés de membres du conseil municipal d’Avoise lors de la cérémonie commémorant les 70 ans du décès du Lieutenant d’Amécourt. ©Sylvaine Travadon
« On ne demande pas à ceux qui le portent de ressembler à celui qui les a précédés. Chaque vie est unique. Chaque destin est différent. Simplement, chaque prénom a une histoire et le porter permet d’en porter le souvenir ».
Le sens du devoir et de l’intérêt général
« Antoine d’Amécourt n’était pas seulement un officier, il était également un élu local », a déclaré pour sa part salué Alain Lépine, le président de l’Union nationale des combattants de Parcé-Avoise.

Le maire Antoine d’Amécourt a remercié les anciens combattants pour leur présence à la cérémonie. ©Sylvaine Travadon
« Convaincu que servir la République pouvait prendre des formes différentes, il poursuivait toujours le même idéal, celui de l’intérêt général ».
« Son exemple nous rappelle ce qu’est l’engagement militaire, le sens du devoir, l’esprit de responsabilité, la fidélité de la parole donnée et la volonté constante de protéger les autres ».
Un engagement que le Lieutenant avoisien a incarné tout au long de sa courte vie, et qui l’a accompagné jusque dans la mort.
« Sur son image mortuaire notre famille avait fait imprimer cette simple phrase, a précisé Yves d’Amécourt : Il était d’une race ou le sens du devoir n’autorisait aucune faiblesse ».
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