Porté par son quadruple champion olympique, le relais tricolore a décroché une superbe médaille d’argent derrière la Grande-Bretagne, mais devant l’Allemagne.

Et soudain, les «Léon ! Léon !» se mirent à résonner très fort dans le Centre aquatique olympique de Saint-Denis. Comme aux plus belles heures des Jeux de 2024, à une dizaine de kilomètres à vol d’oiseau de l’enceinte dyonisienne, dans cette Arena de La Défense où Léon Marchand a écrit sa légende en décrochant quatre titres olympiques.

Ce lundi, il ne s’agissait «que» d’une finale européenne du 4x200m nage libre. Mais celle-ci revêtait une valeur hautement symbolique pour le Toulousain de 24 ans, freiné et perturbé dans sa préparation par une blessure à l’adducteur droit qui l’a contraint à renoncer à trois courses individuelles (200 et 400m 4 nages, ainsi que le 200m brasse) en raison du risque de rechute à chaque ciseau en brasse qu’il allait effectuer. Mais en crawl, tous les voyants étaient au vert. Et cela s’est vu…

Son rêve américain, sa gloire aux JO de Paris 2024 et ses records du monde, la prodigieuse carrière de Léon Marchand en images

Accéder au diaporama (21)



Passer la publicité

Après une première longueur pour se tester et se mettre en jambes, Léon Marchand a réveillé le souvenir de 2024. Une coulée stratosphérique et déjà, il prenait la tête de la course. Pour ne plus la lâcher et achever sa démonstration de force en 1’43’’76. Là où même les plus optimistes n’osaient rêver d’un 1’44’’1 ou 1’44’’2. La concurrence s’en trouvait reléguée à près d’une seconde ! Irréel. Et donc tellement Léon Marchand dans le style. Même si lui-même n’en revenait pas : «J’ai essayé de faire la meilleure course possible. Je fais un super chrono, mais cela n’a de valeur que si, derrière, le relais est monstrueux. Ce qui a été le cas. J’avais envie de faire 1’44, mais après, je ne savais pas que je pouvais nager aussi vite.» 

Largeron, Cristofini et Fuchs font le boulot

Pour le reste du relais tricolore, il s’agissait désormais de surfer sur la vague et de résister. Autant que possible. Le plus loin possible. Pierre Largeron prenait la suite du hors-bord toulousain. À bientôt 21 ans, pour sa découverte du très haut niveau international, celui-ci s’accrochait bien, conservant la tête jusqu’aux 50 derniers mètres où il devait céder et passer la main à Sauveur Cristofini à la 3e place.

Ce dernier, du haut de ses 16 ans, n’a pas tremblé et ainsi démontré qu’il méritait d’être considéré comme la future pépite de la natation française. Parti 3e, le Marseillais allait ramener le navire bleu-blanc-rouge à la même place. «Je ne savais pas combientième j’étais parti. Je crois que j’étais troisième. Donc en vrai, j’ai essayé de garder notre place sur le podium. J’ai fait ma course, j’ai tout donné. Je me suis vraiment éclaté. Cette médaille représente beaucoup de travail d’équipe et aussi beaucoup de travail individuel tout au long de l’année.»

Transcendé par un public bouillant, il restait à Roman Fuchs, l’expérimenté du groupe, à résister d’abord à l’Italie. Une mission confortablement réussie. Avant de réaliser un dernier 50m de toute beauté pour devancer, à la touche, l’Allemagne – 7’02’’23 contre 7’02’’28 – et offrir de l’argent aux siens, derrière la Grande-Bretagne (7’01’’52). La France décroche ainsi sa première médaille de la semaine. Et sans surprise, Léon Marchand n’y est pas pour rien.