Alors que les pays africains accélèrent la numérisation de leurs économies et de leurs administrations, le partage d’expériences devient un levier pour éviter de reproduire les mêmes difficultés et faciliter l’adoption de nouvelles technologies.
Le Bénin et l’Éthiopie renforcent leurs échanges dans le numérique et l’intelligence artificielle. Une délégation béninoise conduite par Mahuna Akplogan, ministre de la Transformation digitale et de l’Innovation, a effectué du mardi 4 au samedi 8 août une visite de travail à Addis-Abeba consacrée aux principaux chantiers de transformation numérique des deux pays.
Les discussions ont porté sur la modernisation des services publics, l’identité numérique, l’interopérabilité des systèmes, la gouvernance des données, la cybersécurité, les infrastructures numériques et l’intelligence artificielle. La mission a permis au Bénin de présenter ses réformes engagées depuis près d’une décennie, tandis que l’Éthiopie a exposé les solutions développées dans le cadre de sa propre transformation numérique.
Cette visite intervient quelques semaines après un entretien le 13 juillet entre le président béninois Romuald Wadagni et le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed. Elle prolonge ainsi les échanges engagés au plus haut niveau entre les deux pays, avec un accent désormais placé sur des secteurs technologiques liés à la modernisation des administrations et au développement de nouveaux services.
Les deux pays disposent déjà de plusieurs briques de cette transformation. Au Bénin, plus de 250 services publics sont accessibles en ligne, tandis que l’identité numérique nationale a connu une progression rapide. Le programme « C’est Moi » avait permis d’enregistrer plus de 7,7 millions de personnes et près de 99 % de la population était biométriquement enrôlée selon les données publiées en 2026.
L’Éthiopie évolue à une autre échelle. Le pays a intégré plus de 2260 services à sa plateforme Mesob et accélère le déploiement de Fayda, son système national d’identité numérique. La plateforme comptait plus de 39 millions d’enregistrements en mars 2026, tandis que les autorités poursuivent le développement de nouveaux usages autour des services publics numériques et de l’intelligence artificielle.
Cette convergence intervient alors que plusieurs pays africains cherchent à développer des infrastructures numériques capables de soutenir des services publics plus accessibles et des économies davantage connectées. Pour le Bénin comme pour l’Éthiopie, les échanges engagés à Addis-Abeba mettent en relation deux expériences nationales dans la transformation numérique et l’adoption de nouvelles technologies.
Samira Njoya
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