© Koaci.com – mardi 11 août 2026 – 10:47

Sir Sam Jonah (ph)

L’homme d’affaires et dirigeant minier ghanéen Sir Sam Jonah a engagé une procédure d’arbitrage à la Chambre de Commerce Internationale (CCI) à Paris en France contre le gouvernement nigérian concernant une propriété de 501 hectares à Abuja au Nigeria.

Le terrain aurait été attribué, sous l’administration de l’ancien Président Olusegun Obasanjo, à Jonah Capital Nigeria Limited, société créée par Jonah, pour le développement du domaine. 

Cette version est contestée car Obasanjo, dans une lettre adressée à la police le 10 juillet de l’année dernière, a nié l’affirmation de Jonah selon laquelle il lui aurait personnellement attribué 501 hectares, qualifiant cette assertion de « totalement fausse, fictive, trompeuse et diffamatoire ».

La CCI et sa saisine

La Chambre de Commerce Internationale (ICC) représente mondialement les entreprises et a pour objectif de favoriser les échanges et l’investissement, l’ouverture des marchés aux biens et aux services, et la libre circulation des capitaux. Elle compte comme membres des milliers d’entreprises présentes dans 130 pays.

La CCI abrite la Cour internationale d’arbitrage, qui permet de résoudre des conflits commerciaux de manière impartiale et efficace, garantissant ainsi un climat d’affaires stable et prévisible. Elle se positionne comme la voix autorisée des entreprises sur la scène mondiale. Elle est le premier interlocuteur lorsque des questions d’envergure internationale se posent.

Pour le cas en espèce, le promoteur a indiqué avoir eu recours à l’arbitrage international après l’échec de plusieurs tentatives de résolution du litige par les voies officielles et devant les tribunaux nigérians. Aucun calendrier n’a été fixé pour l’arbitrage.

Nœud de l’affaire 

 

L’affaire porte sur un projet immobilier controversé de 501 hectares à Abuja, connu sous le nom de River Park Estate, qui fait l’objet d’un long litige. 

River Park Estate, un complexe à usage mixte conçu pour accueillir plus de 11 000 logements et fournir d’importantes infrastructures, est au cœur d’un conflit opposant JonahCapital Nigeria Limited à l’Autorité de Développement de la Capitale fédérale (FCDA).

Bail et remise en cause 

L’accord date du 28 mai 2007, date à laquelle le ministre du Territoire de la capitale fédérale (FCT) de l’époque et JonahCapital ont signé un bail de développement dans le cadre du programme gouvernemental de logements sociaux. 

Enregistré le 5 juin de la même année, ce bail accordait des droits de développement sur la parcelle 4 de la zone cadastrale E30, à Lugbe Ouest, soit une superficie d’environ 501 hectares dans le cadre du programme de logements sociaux du Nigéria.

L’Autorité fédérale nigériane a résilié le bail le 05 novembre 2025. EN ce sens et pour Nyesom Wike, le ministre du Territoire de la capitale fédérale, le FCT a résilié un contrat de location-développement avec JonahCapital, prétextant son expiration. 

JonahCapital conteste cette affirmation et soutient que le contrat de bail commercial reste valable jusqu’en juin 2030. JonahCapital soutient prie la CCI de déclarer la résiliation illégale.

Investissement

 

La société a aménagé ce terrain pour créer River Park Estate, un important complexe résidentiel et à usage mixte comprenant des logements, des commerces, des centres de santé, des bureaux et des lieux de culte.

L’investissement est détenu par JonahCapital Nigeria Limited, une filiale du groupe d’investissement de Sir Sam Jonah. Le montant de la réclamation n’a pas été rendu public, mais des estimations évaluent la valeur de la propriété à environ 500 millions de dollars américains, sur la base des prix immobiliers actuels à Abuja.

Des appels au Ghana 

En marge de cette affaire, un groupe de pression ghanéen a exigé qu’Accra intervienne auprès des autorités nigérianes suite à ce qu’il décrit comme une perquisition coordonnée menée contre Jonah Capital dans le quartier de River Park Estate à Abuja.

En fin juillet dernier, le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a réclamé des mesures suite aux attaques présumées contre les propriétés de Sir Sam Jonah au Nigéria. Le ministre Ablakwa a exhorté le haut-commissaire du Nigéria au Ghana à enquêter sur cette affaire.

L’issue de cet arbitrage pourrait avoir des conséquences importantes pour les deux parties et pourrait créer un précédent pour des affaires similaires concernant les investissements étrangers et les droits fonciers au Nigéria et dans toute l’Afrique.

Mensah,

Correspondant permanent de KOACI au Ghana, Togo et Nigeria 

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  Par Koaci