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Le chef du renseignement militaire des forces de l’Est libyen, le général Fawzi Al-Mansouri, a été tué lundi soir 10 août 2026 dans l’explosion de son véhicule à Benghazi, selon plusieurs sources sécuritaires et médias libyens. L’attaque, menée à l’aide d’un engin explosif, n’a pour l’heure été revendiquée par aucun groupe.

Deux sources sécuritaires, s’exprimant sous couvert d’anonymat auprès de Reuters, ont confirmé que Fawzi Al-Mansouri avait trouvé la mort lorsqu’un engin explosif a détoné dans sa voiture dans le quartier d’Al-Hawari, à Benghazi. Les sources n’ont fourni aucune indication sur l’identité des auteurs ni sur la nature précise de l’explosif utilisé.

Une voiture en flammes dans le quartier d’Al-Hawari

Des images diffusées lundi soir sur des plateformes et comptes libyens montrent un véhicule en feu après une forte explosion dans le secteur d’Al-Hawari.

Selon plusieurs médias locaux, l’explosion se serait produite à proximité de la mosquée Sayyida Aïcha, alors que Fawzi Al-Mansouri venait de quitter les lieux après la prière du soir. D’autres informations, notamment celles recueillies par Reuters, situent l’attaque à proximité de son domicile dans le même quartier.

Les autorités militaires de l’Est libyen ont par la suite confirmé sa mort. Des responsables des forces basées dans l’Est ont qualifié l’attentat de tentative visant à porter atteinte à la sécurité et ont indiqué que les services compétents avaient été chargés d’identifier les auteurs de l’opération.

À ce stade, aucun élément vérifié ne permet cependant d’attribuer l’assassinat à une organisation ou à une faction précise.

Un responsable important de l’appareil sécuritaire de l’Est

Fawzi Al-Mansouri occupait depuis 2024 la direction du renseignement militaire relevant du commandement des forces de l’Est dirigées par le maréchal Khalifa Haftar.

Selon des sources libyennes concordantes, Haftar l’avait nommé à la tête de la Direction du renseignement militaire le 20 mai 2024. Al-Mansouri avait auparavant commandé la zone militaire de Sebha, dans le sud du pays, fonction qu’il occupait depuis 2021.

Sa présence avait notamment été signalée lors de rencontres de haut niveau impliquant les principaux responsables militaires de l’Est. En novembre 2024, il figurait parmi les responsables ayant accueilli à Benghazi le vice-ministre russe de la Défense Yunus-Bek Yevkurov lors d’une visite auprès de Khalifa Haftar.

Encore en mai 2026, Al-Mansouri participait à une réunion sécuritaire élargie réunissant plusieurs hauts responsables militaires et policiers de l’Est libyen.

Un assassinat qui ravive les interrogations sécuritaires

La mort d’un responsable de ce niveau au cœur de Benghazi constitue un événement sécuritaire majeur pour les autorités de l’Est.

La Libye reste divisée entre des pouvoirs rivaux et plusieurs structures militaires et sécuritaires concurrentes, malgré le cessez-le-feu conclu en 2020 qui avait permis de mettre fin à la phase la plus intense des combats entre les camps de l’Est et de l’Ouest.

L’assassinat de Fawzi Al-Mansouri montre également la capacité persistante d’acteurs non identifiés à mener des opérations ciblées contre de hauts responsables sécuritaires.

Les investigations devront désormais déterminer comment l’engin explosif a été placé dans ou sous le véhicule du chef du renseignement militaire, et surtout qui a commandité l’attaque.

Pour l’heure, aucun auteur ni mobile n’a été officiellement identifié. Les autorités de l’Est libyen affirment avoir engagé des investigations afin d’établir les circonstances de l’assassinat et de poursuivre ses responsables.

 

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