Au moins 18 personnes, dont une majorité d’adolescents, ont été tuées mardi dans un accident entre deux pick-up qui transportaient des ouvriers agricoles dans le nord de l’Égypte, a indiqué à l’AFP une source médicale. « La plupart des morts sont des adolescents de 13 ou 14 ans », a précisé cette source sous couvert d’anonymat.

Les plus jeunes victimes de cet accident survenu sur une route du gouvernorat d’Ismaïlia étaient deux fillettes de 10 ans, selon le média local Al-Masry Al-Youm. Malgré les risques, les pick-up sont un moyen de transport courant pour des millions de travailleurs informels, y compris des mineurs, et sont souvent surchargés.

Jomana Walid, une rescapée âgée de 16 ans, dormait, épuisée de s’être « levée à 5 h du matin », lorsque l’accident s’est produit et que le véhicule s’est renversé. Sa sœur a dit vouloir voir « maman, puis elle a cessé de respirer, elle était morte », raconte à l’AFP l’adolescente aux yeux rougis par les larmes, légèrement blessée au dos.

Son frère Mohamed a lui été hospitalisé, selon leur grand-mère, Nour Ahmed Abdulkader. Des familles se sont réunies dans la journée devant le centre hospitalier d’al-Qasasin, à Ismaïlia, dans l’espoir d’obtenir des nouvelles de leurs proches, a rapporté un journaliste de l’AFP.

Travail des enfants

Le ministère égyptien de la Santé avait auparavant annoncé un premier bilan de 47 victimes, dont une trentaine de blessés. Les passagers, pour la plupart originaires de deux villages du delta du Nil, « étaient en route pour aller travailler dans une ferme », d’après une source sécuritaire.

Le président Abdel Fattah al-Sissi a ordonné aux autorités d’enquêter immédiatement sur les causes de l’accident, ont indiqué les médias.

Le travail des enfants est un problème persistant en Égypte, et concerne au moins 1,3 million de mineurs, selon les chiffres officiels. Ils sont régulièrement victimes d’accidents de la circulation, fréquents sur les nombreuses routes égyptiennes vétustes.

L’économie informelle représente 67 % de l’emploi en Égypte, et quasiment tout le secteur agricole, selon l’Organisation internationale du Travail (OIT). Le nombre total de travailleurs informels dans le pays, qui exercent dans des conditions précaires en terme d’emploi et de sécurité, est estimé entre 8 et 13 millions de personnes, la plupart dans les domaines de l’agriculture, le bâtiment et l’industrie.