À la barre, deux thèses radicalement opposées

Entendu par le tribunal, Mamadou Aliou Diallo reconnaît avoir reçu les fonds, mais réfute toute implication volontaire dans une entreprise d’escroquerie.

Selon ses explications, il aurait simplement exécuté les instructions qui lui étaient communiquées à distance par le détenteur du numéro étranger.

Il soutient notamment avoir été invité à réacheminer les sommes vers la Guinée, son interlocuteur invoquant une prétendue urgence médicale au sein de sa famille.

Pour la défense, ces circonstances démontreraient que le prévenu n’était pas un acteur du dispositif frauduleux, mais un intermédiaire lui-même manipulé.

Une version fermement contestée par la partie civile. Me Elimane Kane, conseil de Pathé Diouf, estime au contraire que les éléments du dossier révèlent l’existence d’une organisation structurée et concertée, qualifiée à l’audience d’« association d’escrocs ». Il sollicite, au titre de la réparation du préjudice subi par son client, la condamnation du prévenu au paiement de 10 millions de francs CFA de dommages et intérêts.

La défense plaide l’absence de complicité établie

Les conseils de Mamadou Aliou Diallo, Mes Omar Sène et Mbodji, ont plaidé la relaxe pure et simple de leur client.
Ils soutiennent que leur mandant aurait été réduit au rôle de simple prête-nom ou d’intermédiaire involontaire dans une chaîne de transactions dont il ne maîtrisait ni l’origine ni la finalité.

La défense insiste surtout sur l’absence, selon elle, de preuves matérielles suffisamment probantes permettant d’établir une participation consciente et intentionnelle du prévenu à l’entreprise frauduleuse.

Le ministère public, pour sa part, s’est borné à requérir l’application de la loi, laissant au tribunal la responsabilité d’apprécier la portée des éléments versés au dossier et de déterminer la responsabilité pénale éventuelle de Mamadou Aliou Diallo.