Publié aujourd’hui à 17h39
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Il y a parfois loin de la coupe de la lutte anticorruption aux lèvres de la transparence. Au Sénégal, l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) assure le suivi des déclarations de patrimoine des représentants clés de l’administration. Le 12 août, l’organisation vient de publier la liste de ceux qui ne se sont pas conformés à la loi.

Officiellement, l’objectif n’est pas de stigmatiser les plus aisés des candidats à la Fonction publique, mais de cerner, le cas échéant, un enrichissement inexpliqué à la fin des missions. Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, les ministres, les hauts magistrats, les chefs d’institutions, les gestionnaires de deniers publics importants et les directeurs et les agents qui occupent des postes stratégiques ou à hauts risques de corruption devaient déposer, d’ici le 31 juillet, un dossier chiffré de leurs biens meubles et immeubles, ainsi que de leurs dettes.

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Ousmane Sonko a joué le jeu de la déclaration

L’Ofnac dévoile qu’à cette date, sur les plus de 3 000 personnes ciblées seules 56 % d’entre elles ont déclaré leur patrimoine. Une liste rouge de « défaillants » a donc été établie et rendue publique. À titre d’exemple, 252 agents en délicatesse relèvent du ministère de l’Intérieur, tandis que 247 émargent à celui de l’Économie. Bienveillant, le président de l’Ofnac, Moustapha Ka, affirme que l’opération de transparence n’est pas un « exercice de délation » destiné à jeter « un discrédit sur qui que ce soit » et que, d’ailleurs, ladite liste rouge n’est que provisoire.

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Une régularisation de la situation de chacun pourra être effectuée, avant publication d’une compilation définitive. En outre, Moustapha Ka tient à expliquer qu’au fil des années, la dynamique en matière de transparence des patrimoines est tout à fait encourageante. La démarche de déclaration des agents était encore bien embryonnaire, il y a juste deux ans.

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Il est évident que les représentants les plus éminents de l’État sont prioritairement scrutés par le grand public. Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, a eu la sagesse de se prêter au jeu de la déclaration, de même que l’ensemble des membres du gouvernement. Les indélicats qui omettraient toujours de déclarer leur patrimoine s’exposeraient à des retenues de salaires qui peuvent représenter jusqu’à un quart de la rémunération, voire à l’interdiction d’exercice dans la fonction publique.

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Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.