Lors des Jeux Olympiques de Tokyo 2020, les responsables de la diffusion médiatique avaient déjà amorcé un virage. Leur mantra : protéger les athlètes féminines des gros plans suggestifs sur certaines parties de leur corps comme les fesses ou l’entrejambe. « L’attrait du sport et non l’attrait du sexe », telle était la volonté affichée pour réduire l‘égalité hommes-femmes sur les lieux des compétitions comme à l’écran. À l’occasion des championnats d’Europe d’athlétisme qui se déroulent actuellement au Royaume-Uni, l’Union européenne de radiotélévision (UER), qui rassemble les médias du service public audiovisuel, a décidé d’élever encore la barre en établissant un guide pour bannir tous les plans susceptibles de sexualiser les sportives engagées. Il ne s’agit pas d’une liste de restrictions mais des conseils qui évitent les images compromettantes sans altérer et encore moins nuire au récit ou à la qualité visuelle.

 Harcèlement et détournement d’images

Il faut prendre la mesure et comprendre l’épreuve endurée par les sportives confrontées à certaines de leurs images qui ne correspondent en rien à la réalité de leurs exploits et de l’émotion de l’instant. Pire, elles se voient subir du harcèlement en ligne ou du détournement de leurs clichés qui, agrégés à d’autres, donnent lieu à des compilations malaisantes sur certaines plateformes. D’où ces nouvelles directives pour en finir avec ces gros plans sources de stress. Ce guide est d’autant plus précieux qu’il fournit des exemples concrets des plans à éviter comme les prises de vues en contre-plongée ou les ralentis inutiles qui n’ont aucun intérêt pour le geste sportif. Au contraire, en s’appuyant sur l’expertise d’athlètes, ce fascicule permet de concentrer les images sur la beauté d’un mouvement, sur la précision d’une technique comme une course parfaite avant le franchissement d’une barre au saut en hauteur. Bravo donc pour cette initiative qui mérite d’être étendue à d’autres disciplines comme le volley féminin.